Ukraine

Ukraine: dans l’Est, les nationalistes s’opposent au plan de réintégration

Pour les nationalistes du Donbass, la vente de charbon permettrait l'enrichissement des séparatistes, et donc la poursuite des combats.
Pour les nationalistes du Donbass, la vente de charbon permettrait l'enrichissement des séparatistes, et donc la poursuite des combats. Aleksey FILIPPOV / AFP

Deux ans après la signature des accords de Minsk, qui étaient censés mettre fin à la guerre dans le Donbass, cette région de l'est de l'Ukraine, les violences perdurent. Le conflit aurait fait plus de 10 000 morts selon l'ONU. Kiev a adopté un plan de réintégration du Donbass, mais il est contesté.

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De notre envoyé spécial à Sherbynivka, Sébastien Gobert

Deux tentes militaires, des poêles, des drapeaux, et des voies ferrées. Dans le village de Sherbynivka, une quinzaine de militants nationalistes, d'allure précaire mais déterminés, bloquent les trains de marchandise, en particulier de charbon. Trois liaisons ferroviaires sont déjà bloquées dans la région.

« Notre mot d'ordre, c'est d'arrêter le commerce du sang. » Vlad, de son nom de guerre, est en charge du camp. Il proteste contre le plan de réintégration du Donbass, qui offre des facilités aux habitants des territoires séparatistes pour étudier en Ukraine, y voyager, et y travailler.

Pour le gouvernement, il s'agit de gagner le soutien des populations du Donbass. Pour Vlad, c'est tout autre : « Ce plan légalise le commerce avec l'occupant. Ils pourront s'enrichir en écoulant leur charbon sur le marché ukrainien. » En filigrane, la certitude que la vente du charbon entretiendra l'effort de guerre séparatiste contre l'Ukraine.

Aucun consensus

Le Premier ministre Volodymyr Hroïssman fait valoir que les entreprises et foyers ukrainiens ont besoin de ce charbon pour leurs propres besoins. Et le gouvernement se prépare à une confrontation prochaine.

A le regarder, ce petit camp peut paraître anecdotique. Il trahit néanmoins de profondes divergences au sein des forces ukrainiennes. Presque trois ans après le début du conflit, il n'y a aucun consensus sur la manière de ramener la paix dans le Donbass.

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