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Russie

Russie: l'opposant Alexeï Navalny condamné à 15 jours de prison

Après une nuit en détention, Alexeï Navalny, a été conduit ce lundi matin 27 mars devant un tribunal de Moscou.
Après une nuit en détention, Alexeï Navalny, a été conduit ce lundi matin 27 mars devant un tribunal de Moscou. REUTERS/Maxim Shemetov
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Alexeï Navalny a été condamné lundi 27 mars à 15 jours d'incarcération et au paiement d'une amende de 20 000 roubles. L'opposant russe est à l'origine des manifestations contre la corruption qui ont fait descendre dans la rue des milliers de personnes la veille. Il avait été arrêté ainsi que plusieurs centaines d'opposants, les chiffres variant considérablement selon les sources. L'Union européenne et les Etats-Unis appellent les autorités russes à relâcher les manifestants. 

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Avec agences et notre correspondant à Moscou, Etienne Bouche

Le procès d’Alexeï Navalny devait s’ouvrir tôt ce 27 mars au matin, mais il a finalement commencé plus tard. L'activiste et blogueur, devenu la figure de proue de l’opposition en Russie, comparaissait au lendemain d'une manifestation de grande ampleur contre la corruption qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans les rues. Un millier d'entre elles, dont Alexeï Navalny, ont été arrêtées.

La grande majorité d'entre eux ont été libérés dans la nuit de dimanche à lundi, avec tout de même une notification d’« infraction administrative » pour « participation à une manifestation non autorisée ». Mais au moins 120 personnes étaient toujours détenues par la police ce lundi.

Le blogueur a lui été condamné à quinze jours d’incarcération pour refus d'obtempérer lors de son arrestation. Le tribunal l'avait déjà condamné à une amende de 20 000 roubles (environ 325 euros) pour avoir organisé une manifestation non autorisée. « Les voleurs se défendent de cette manière. Mais on ne peut pas arrêter tous ceux qui sont contre la corruption. Nous sommes des millions », a dénoncé Alexeï Navalny sur Twitter.

Mais l'opposant, qui compte défier Vladimir Poutine lors de l'élection présidentielle de 2018, doit encore répondre du refus d'obtempérer lors de son arrestation. « Viendra le moment où ce sera nous qui les jugerons, honnêtement cette fois-ci », a écrit l'opposant à l'ouverture de son procès sur Twitter, en référence aux autorités russes.

Film à charge contre Medvedev

Sa notoriété date des mouvements de protestations qui avaient suivi les élections législatives de 2011 et précédé la réélection de Vladimir Poutine.

Il y a un mois, le Front de lutte contre la corruption qu’il dirige a diffusé un film à charge contre Dmitri Medvedev. Le Premier ministre est directement accusé de s’être bâti un empire immobilier financé par les oligarques. Il s'agit d'une enquête sous la forme d'une vidéo qui a été vue plus de 12 millions de fois sur YouTube.

Ce dimanche, la première réaction du Kremlin a été pour le moins rigide. Son porte-parole accuse Alexeï Navalny d’avoir menti en disant que ces manifestations étaient légales. Le Kremlin parle de « provocation » et affirme que des mineurs se sont vus proposer des sommes d’argent en échange d’une participation.

Les pays occidentaux ont eux réagi en faveur des manifestants russes, en condamnant les arrestations et en demandant la libération immédiate des personnes détenues. Mais pour le porte-parole du Kremlin, les manifestations étaient simplement « une provocation ».

Un « réveil » de la société civile russe ?

Le prochain évènement politique majeur en Russie aura lieu en 2018, à savoir l'élection présidentielle. Alexeï Navalny, qui avait obtenu plus de 27% des voix à l'élection municipale de Moscou en 2013, compte bien se présenter contre Vladimir Poutine. Mais sa candidature risque d'être handicapée par sa condamnation en 2013 à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds. Une décision annulée par la suite.

Le mouvement de contestation du pouvoir auquel nous venons d'assister a été marqué par deux faits nouveaux, qui pourraient changer la donne jusqu'à un certain point. D'une part les manifestations étaient nombreuses dans des villes de province en général plutôt calmes, et d’autre part l'âge moyen des participants a bien baissé. Aux opposants « historiques » au pouvoir en place sont venus se joindre des lycéens nés au début de ce siècle et qui n'ont connu donc que Vladimir Poutine comme président.

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