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Hongrie

Hongrie: la loi sur la détention des migrants entre en vigueur

De nombreux migrants allongés à même le sol pour se reposer dans la gare de Budapest, en Hongrie, le 1er septembre 2015.
De nombreux migrants allongés à même le sol pour se reposer dans la gare de Budapest, en Hongrie, le 1er septembre 2015. REUTERS/Laszlo Balogh
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La loi hongroise de mise en détention systématique des migrants est entrée en vigueur ce 28 mars, malgré les vives critiques des ONG de défense des droits de l'homme.

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Selon la nouvelle législation qui entre en vigueur ce 28 mars, tous les demandeurs d'asile présents en Hongrie ou y arrivant doivent être regroupés dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa.

La mesure vise à « empêcher les migrants dont le statut n'est pas clairement défini de se déplacer librement sur le territoire national et au sein de l'Union européenne, et donc de réduire les risques sécuritaires liés aux migrations », selon le ministère de l'Intérieur.

Les camps ont été équipés de 324 conteneurs habitables. Les migrants devront y séjourner dans l'attente d'une décision définitive concernant leur demande d'asile et il ne leur sera possible de quitter les lieux qu'en cas d'avis positif ou s'ils retournent en Serbie.

La loi, adoptée le 7 mars à l'instigation du Premier ministre Viktor Orban, a été dénoncée par plusieurs ONG ainsi que par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), qui a relevé qu'elle « viole les obligations de la Hongrie vis-à-vis des lois internationales et européennes » en matière d'asile.

Une mesure « contre l'UE »

Le commissaire européen aux Migrations, Dimitris Avramopoulos, a appelé lui au respect des « principes » de l'UE, sans évoquer explicitement la nouvelle mesure. « Notre Union prévoit d'apporter à ceux qui en ont besoin une aide humaine, digne et respectueuse, a-t-il déclaré. Cela signifie accorder un accès réel au processus d'asile et garantir une possibilité d'un appel impartial des décisions ».

Le gouvernement hongrois a assuré que les camps, qui ne sont pas ouverts à la presse, sont dotés d'équipements de confort moderne et que leurs occupants bénéficieront de trois repas par jour ainsi que d'un accès aux soins et aux moyens de télécommunication.

Quelque 400 migrants se trouvent actuellement en Hongrie, selon le Comité d'Helsinki, une ONG, dont une grande partie sont déjà détenus dans des camps fermés. En 2013, Budapest avait renoncé à la mise en détention systématique des demandeurs d'asile sous la pression de l'Union européenne et du HCR.

Viktor  Orban, un dirigeant souverainiste coutumier des provocations envers ses partenaires européens, avait reconnu en janvier que la réintroduction d'une telle mesure, contraire au droit européen, irait « ouvertement contre l'UE ».

La Hongrie érige une deuxième barrière antimigrants à sa frontière serbe, parallèle aux barbelés de la première clôture et équipée de caméras thermiques ainsi que d'alarmes.

(Avec agences)

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