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Turquie

Turquie: périlleuse campagne pour le «non» au référendum sur les réseaux sociaux

Les militants pro-kurdes du parti HDP et du «non», «hayir» en turc, au référendum, ont manifesté le 8 avril 2017, à Istanbul, en Turquie.
Les militants pro-kurdes du parti HDP et du «non», «hayir» en turc, au référendum, ont manifesté le 8 avril 2017, à Istanbul, en Turquie. REUTERS/Huseyin Aldemir
Texte par : Alexandre Billette
5 mn

Le 16 avril 2017, 60 millions d’électeurs turcs sont appelés à se prononcer pour ou contre le renforcement des pouvoirs de la présidence et de Recep Tayyip Erdogan. La campagne référendaire a été largement déséquilibrée en faveur du « oui » et c’est presque une campagne alternative qui a dû être menée par les partisans du « non », en Turquie. La campagne qui se termine a, en effet, été très tendue. Certains meetings du « non » ont été annulés, d’autres ont été perturbés par des casseurs. Cette tension était également présente sur les réseaux sociaux.

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De notre correspondant à Istanbul,

Les partisans du « non » ont eu très peu accès aux chaînes de télévision et la majorité des quotidiens sont pro-gouvernementaux, donc, du côté du « non », on a dû tenter de convaincre les électeurs autrement, et notamment par le biais des réseaux sociaux. Par exemple, beaucoup de micro-trottoirs ont été diffusés sur les réseaux, parfois même, faits par des amateurs qui interviewaient dans la rue des électeurs du « non », expliquant leur choix. Beaucoup de vidéos circulent également pour vulgariser cette réforme constitutionnelle et en expliquer les conséquences. Enfin, d’autres campagnes sont plus légères, des chansons traditionnelles par exemple ont été détournées pour appeler à voter « non ».

Ecoutez un extrait d’une chanson en faveur du « non », « hayir » en turc, au référendum.

La campagne qui se termine a été très tendue. Certains meetings du « non » ont été annulés, d’autres ont été perturbés par des casseurs. Et sur les réseaux sociaux aussi, la tension était présente. Avant même le début de la campagne sur le référendum, plusieurs personnes ont été inquiétées par la justice pour avoir critiqué le pouvoir sur Internet, notamment pour insulte au président de la République ; c’est aussi le cas d’un jeune étudiant qui a été mis en garde à vue pour cette raison après avoir diffusé une vidéo présentant ses arguments pour voter « non » au référendum. Ailleurs, ce sont, par exemple, des employés municipaux qui avaient diffusé sur les réseaux une photo d’eux, en groupe, formant le mot « HAYIR », c’est-à-dire « non » en turc, et qui ont été, par la suite, licenciés par leur employeur. Donc, faire campagne sur Internet n’a pas été sans risque lors des dernières semaines.

Réseaux, films, SMS : la campagne pour le «oui» largement relayée

Du côté du « oui », le camp du président Erdogan a été, lui aussi, très actif sur Internet. Les sympathisants de Recep Tayyip Erdogan ont été actifs sur les réseaux et, le pouvoir turc, avec plus de moyens, a aussi largement diffusé sa campagne, notamment sous forme de films, en achetant de l’espace publicitaire sur certains sites Internet. Utilisation aussi des réseaux mobiles, par le pouvoir, avec des SMS envoyés à tous les abonnés du pays pour les inviter à participer aux meetings du président turc. Et, enfin, le « oui » a bénéficié indirectement du soutien de certains hackers ultra-nationalistes qui ont notamment piratés des sites européens lors de la crise diplomatique avec l’Allemagne et les Pays-Bas : le compte Twitter du ministère français des Finances, par exemple, a été piraté le 15 mars 2017 et a publié durant quelques minutes un message de soutien au camp du « oui ».

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