Tchétchénie / Droit de l'homme

Homosexuels persécutés en Tchétchénie: Poutine intervient

C’est la première fois que le président russe évoque les persécutions dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie.
C’est la première fois que le président russe évoque les persécutions dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie. REUTERS/Sergei Ilnitsky

Angela Merkel n’a peut-être pas parlé dans le vide. Trois jours après avoir été interpellé à ce sujet par la chancelière allemande à Sotchi, Vladimir Poutine appelle les autorités russes à soutenir l'enquête sur les persécutions présumées d'homosexuels en Tchétchénie. Après la publication d’une enquête sur des sévices infligés aux homosexuels en Tchétchénie, les autorités russes n’ont pas montré beaucoup d’empressement à se saisir du sujet.

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C’est la première fois que Vladimir Poutine évoque le sujet, mais quasiment à demi-mot, à l’occasion d’une rencontre avec la déléguée pour les droits de l'homme auprès du Kremlin.

Le président russe a promis à Tatiana Moskalkova de discuter avec le procureur général et le ministre de l’Intérieur de la situation des homosexuels dans le Caucase du Nord, ou plutôt, pour reprendre ses mots, de la situation « des personnes d’orientation sexuelle non traditionnelle ».

Vladimir Poutine n’en dira pas beaucoup plus à propos des informations parues dans Novaya Gazeta, qu’il préfère qualifier de « rumeurs ». Après la publication, début avril d’une enquête révélant des prisons secrètes, des persécutions et même des meurtres d’homosexuels en Tchétchénie, le porte-parole du Kremlin s’était borné à déclarer que ces informations n’étaient pas confirmées.

Plusieurs autres médias, occidentaux essentiellement, avaient, par la suite, diffusé des témoignages d’homosexuels tchétchènes ayant fui à Moscou, affirmant avoir été battus et détenus. Une enquête avait finalement été ouverte par le Parquet général, qui affirme toutefois n’avoir reçu aucune plainte officielle. Et pour cause, les victimes, apeurées, ne souhaitent pas dévoiler leur identité.

De son côté, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov se dit prêt à travailler avec les enquêteurs tout en répétant : il n’y a pas de gays en Tchétchénie.

→ A (re) écouter : Tchétchénie: les damnés de la Russie (Grand Reportage)

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