Economie

Au Royaume-Uni, le secteur de l'automobile craint de pâtir du Brexit

2016 est une année record pour l'automobile au Royaume-Uni. (Photo d'illustration)
2016 est une année record pour l'automobile au Royaume-Uni. (Photo d'illustration) Reuters/Jacky Naegelen

Face au Brexit, les entreprises britanniques résistent, mais elles craignent pour leur avenir. C'est ce que constate la Coface dans sa dernière étude. Publiée à l'approche du premier anniversaire du référendum britannique, le 23 juin prochain, en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, cette étude dresse un bilan de la dernière année. Et le résultat économique est plutôt positif. Dans les faits, le divorce n'est pas encore consommé. Pourtant, l'incertitude gagne du terrain au Royaume-Uni. C'est notamment le cas dans l'automobile, un secteur porteur de l'économie britannique.

Publicité

2016 a été l'année record pour le secteur automobile au Royaume-Uni. Plus de 1,7 million de voitures ont été assemblées. Soit un bond de 8,5% par rapport à 2015. L'automobile emploie 800 000 personnes, dont 170 000 dans la production. Sa force est l'innovation. Elle est financée en grande partie par l'Union européenne.

« L’écosystème d’innovation au Royaume-Uni a reçu des financements provenant de l’Union européenne. Cet écosystème risque de voir ces financements se tarir dans les années à venir », explique Khalid Aït-Yahia, économiste à la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface).

Des délocalisations envisagées

Londres avait promis des compensations si ces fonds européens devaient cesser. Mais cela n'a pas suffi à rassurer les constructeurs, qui réduisent leurs investissements. « Les grands actionnaires sont Tata Motors qui possède Jaguar-Land Rover ou même BMW qui possède Mini ou encore Renault-Nissan qui possède Nissan Motors et Toyota au Japon. Ce sont des acteurs globaux. Leur but c’est maximiser leurs profits et de mettre en concurrence des sites qui sont dispatchés sur le monde entier ou dans des zones proches », conclut-il.

La politique restrictive de Londres pourrait priver, par ailleurs, l'automobile de la main-d’œuvre qualifiée. Les plus grands envisagent d'ores et déjà de relocaliser une partie de leurs activités en Irlande, en Allemagne ou aux Pays-Bas.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail