Royaume-Uni

Législatives britanniques: Theresa May négocie un gouvernement minoritaire

La Première ministre britannique en partance pour Buckingham Palace après le scrutin du 8 juin. 10 Downing Street, Londres, vendredi 9 juin.
La Première ministre britannique en partance pour Buckingham Palace après le scrutin du 8 juin. 10 Downing Street, Londres, vendredi 9 juin. REUTERS/Stefan Wermuth

A l'issue d'une rencontre avec la reine Elizabeth II à qui elle a officiellement demandé l'autorisation de former un nouveau gouvernement, la Première ministre britannique a annoncé ce 9 juin la formation d'un nouveau gouvernement malgré la perte par le Parti conservateur de la majorité absolue à la Chambre des communes. Un résultat susceptible de compliquer les négociations du Brexit, et qui fragilise Theresa May. Cette dernière a choisi de se tourner vers les unionistes nord-irlandais.

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« Je viens d'aller voir Sa Majesté la reine et je vais maintenant former un gouvernement, un gouvernement qui puisse rassurer et faire avancer le Royaume-Uni en ce moment critique », a  déclaré Theresa May devant ses bureaux au 10 Downing Street, à Londres.  « Ce gouvernement guidera notre pays dans les discussions cruciales sur le Brexit qui commenceront dans dix jours et répondra au souhait des Britanniques en menant à bien la sortie de l'Union européenne », a-t-elle ajouté.

Après plusieurs heures d’incertitude et de silence, Theresa May a décidé de se rendre au palais de Buckingham ce vendredi 9 juin pour obtenir le feu vert de la reine Elizabeth II en vue de former un nouveau gouvernement. Appelée à démissionner de toute part, y compris dans les rangs même de son parti, huée par des Britanniques en colère à sa sortie de Buckingham, Theresa May a donc fait la sourde oreille et mis tout le pays devant le fait accompli en décidant de rester à Downing Street.

La Première ministre espérait obtenir un mandat fort pour négocier les conditions du divorce entre Londres et l'Union européenne. Toutefois après une campagne électorale bouleversée par plusieurs attentats, les résultats des législatives sont une défaite cinglante pour son parti.

L'appui des unionistes nord-irlandais

Faute de majorité absolue, le pays est désormais en situation de « Parlement suspendu ». Theresa May a tenu des discussions intenses au 10 Downing Street pour obtenir un accord sur l’appui à la Chambre du Parti unioniste démocrate nord-irlandais (Democratic Unionist Party, DUP).

Il ne s'agira pas d'une coalition formelle mais d'un arrangement, relate notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Theresa May mènerait un « gouvernement minoritaire » qui compterait sur le soutien à la Chambre des communes de ce petit parti, qui a obtenu 10 sièges lors du scrutin.

Il faudra faire des concessions sur des projets de loi pour obtenir la majorité. Fondé par le révérend Ian Paisley, le DUP représente les intérêts de la communauté protestante d’Irlande du Nord. Il est connu pour ses positions très dures envers les nationalistes irlandais du Sinn Fein.

Theresa May sur la sellette

Pour l'heure, la Première ministre donne l’impression qu’elle n'a aucunement l'intention de démissionner pour l’instant. Si elle finit par partir, ce sera contrainte et forcée par son parti ou par la pression populaire. Mais elle ne dispose plus d'autorité désormais.

Les unionistes nord-irlandais vont certainement profiter de la situation pour se montrer très exigeants et faire avancer leur cause. Il est probable que Theresa May essaiera de gouverner pendant quelque temps pour éviter de nouvelles élections à l’automne. D’autant que le Labour a le vent en poupe actuellement.

Mais Theresa May pourra-t-elle se maintenir si longtemps ? Peut-être pas. Parmi les médias, les experts et la classe politique, beaucoup émettent des doutes sur la longévité de ce gouvernement alors que Theresa May est désormais sérieusement affaiblie. C’est pourquoi Jeremy Corbyn a dès ce vendredi matin indiqué qu’il se tenait prêt à former seul un gouvernement minoritaire sur son programme, qu’il estime populaire au sein des électeurs britanniques.

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