Royaume-Uni

Theresa May pourra-t-elle continuer à négocier un Brexit dur?

Theresa May et son mari devant le 10, Downing Street, le 9 juin 2017.
Theresa May et son mari devant le 10, Downing Street, le 9 juin 2017. Reuters

A l'issue des résultats des législatives anticipées, Theresa May, chef du gouvernement britannique perd sa majorité absolue au Parlement. Son principal opposant Jeremy Corbyn, lui demande de démissionner. Avec une majorité fragilisée, pourra-t-elle continuer à tenir sa ligne d'un Brexit «dur» ?

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Avec notre bureau de Bruxelles,

Les Européens voient dans le recul des conservateurs à la Chambre des Communes un signe de profonde division du Royaume-Uni et ils estiment pour certains que Theresa May a apporté le chaos à son pays. Non seulement elle n'aura pas la large majorité qu'elle escomptait pour avoir les coudées franches dans les négociations, mais en outre elle se retrouve en position de faiblesse. Ce résultat électoral décevant des Tories conforte les pays restants dans leur volonté de conserver un front uni face à Londres.

Ce résultat électoral pourrait permettre à l'Union européenne d'imposer non pas le résultat mais leurs priorités ou le rythme des négociations. D'abord, repousser la demande de Theresa May d'une ouverture simultanée des négociations sur la future relation euro-britannique pour l'après-Brexit. Ensuite, éviter que la Première ministre prenne en otage le prochain sommet européen, les 22 et 23 juin. Elle semblait en effet vouloir transformer ce rendez-vous en négociations parallèles sur les droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques installés en Europe.

Les Européens pourront peut-être aussi obtenir que ce ne soit pas Theresa May elle-même qui mène au jour le jour les négociations, car ce serait pour eux le danger d'une politisation permanente de sujets déjà suffisamment compliqués. La grande crainte cependant des Européens maintenant est que l'ouverture des négociations prévue pour le 19 juin prenne un retard supplémentaire.

Theresa May, qui devait être confortée, a perdu son pari, et donc est dans une situation moins simple...donc on a assurément une situation politique plus ouverte...

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires

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