UE/Balkans

Ouverture du sommet présidentiel de Trieste sur les Balkans

Trieste accueille le sommet sur les Balkans occidentaux en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre italien Paolo Gentiloni.
Trieste accueille le sommet sur les Balkans occidentaux en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, du président français Emmanuel Macron et du Premier ministre italien Paolo Gentiloni. Laurent Geslin
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Renforcer l'intégration des pays des Balkans à l'espace européen en attendant leur éventuelle adhésion à l'UE, c'est l'objet du sommet présidentiel qui se tient ce 12 juillet à Trieste en Italie, en présence notamment d'Emmanuel Macron, de plusieurs autres chefs d'Etat de l'UE et de six pays de la région, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, le Kosovo, la Macédoine et enfin l'Albanie.

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Si la Slovénie et la Croatie ont rejoint l'Union européenne, les six autres pays des Balkans occidentaux, eux, attendent encore. Et si l'élargissement semble aujourd'hui bien hypothétique, le renforcement des liens est essentiel à plusieurs titres. Les chefs d'Etat concernés se retrouvent donc pour la 4e fois depuis le lancement du processus.

Au programme, un volet économique qui prévoit notamment d'accélérer la création d'un espace commun aux six pays, et de signer plusieurs accords d'investissement. Les progrès en matière de lutte contre la corruption seront aussi examinés de près.

Un volet politique et Etat de droit ensuite. Il y a quelques mois, Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, exprimait son inquiétude sur l'instabilité grandissante des pays de la région, dont la plupart font face à des crises politiques intérieures ou régionales. Les conflits de l'ex-Yougoslavie laissent encore des traces et freinent le rapprochement avec l'UE.

Enfin, la question migratoire devrait être évoquée, elle reste d'actualité en particulier pour la Serbie et la Macédoine, où de nombreux migrants sont toujours bloqués.

Le Français Emmanuel Macron, l'Allemande Angela Merkel et l'Italien Paolo Gentiloni doivent se rencontrer ce mercredi avant le sommet officiel.


■ Dans la région des Balkans, les impatiences grandissent

Avec notre correspondant régional, Jean-Arnault Dérens

Les pays des Balkans, tous engagés à des degrés divers d’avancement dans le long processus de l’intégration, ne veulent pas être les laissés-pour-compte d’une Europe en crise. L’impatience est particulièrement sensible dans le « groupe de tête », l’Albanie, le Monténégro et la Serbie, qui ont déjà ouvert depuis plusieurs années leurs négociations d’adhésion. Ces pays craignent même d’être « retardés » par leurs voisins moins avancés - la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine - qui n’ont pas commencé leurs négociations, ainsi que le Kosovo qui n’a encore qu’un statut de candidat « virtuel ».

Les craintes sont d’autant plus grandes que tous les dirigeants de la région ont fait de l’intégration européenne l’alpha et l’oméga de leurs politiques, même les anciens nationalistes au pouvoir en Serbie. Paradoxalement, cette « conversion européenne » des élites de la région est survenue au moment même où la perspective réelle de l’intégration s’éloignait. Pour sa part, l’Union s’est trop longtemps contentée d’un ralliement formel au projet européen, perçu comme une garantie de la « stabilité régionale ». Toutefois, le statu quo n’est plus tenable, alors que la région ne sort pas d’un interminable marasme. Les pays des Balkans veulent savoir, à Trieste, si l’élargissement est toujours d’actualité et à quelle échéance.

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