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Espagne

Espagne: après les attentats, le spectre de l’autonomie de la Catalogne

Au premier rang de gauche à droite: le Premier ministre Mariano Rajoy, le roi Felipe VI d'Espagne et le président de la Catalogne, Carles Puigdemont. Barcelone, le 18 août 2017.
Au premier rang de gauche à droite: le Premier ministre Mariano Rajoy, le roi Felipe VI d'Espagne et le président de la Catalogne, Carles Puigdemont. Barcelone, le 18 août 2017. REUTERS/Sergio Perez
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Après le double attentat de cette semaine, qui a fait 14 morts et près de 120 blessés en Catalogne, la piste du réseau terroriste se confirme. Les autorités considèrent avoir démantelé une cellule, bien qu'un doute subsiste sur un possible suspect encore dans la nature. Ce samedi 19 août 2017, les éditorialistes de la presse espagnole posent la question de l'unité nationale en matière de lutte antiterroriste.

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La presse espagnole critique, de manière quasi unanime ce samedi, les propos tenus la veille par Carles Puigdemont, président de la Generalitat de Catalogne (la région). En marge de la cérémonie d’hommage aux victimes, vendredi, il avait déclaré que « les attaques ne changeraient pas la feuille de route du processus » sur le référendum de l’indépendance de la Catalogne. Ce dernier reste prévu le 1er octobre, rappelle notre correspondante, Leticia Farine. Et ce, malgré les interdictions de la justice et du gouvernement de Madrid.

« La Catalogne est un pays de paix, de liberté, de convivialité et d’accueil »

Pour le quotidien madrilène ABC, cette déclaration relève de « l’inopportunité politique, ou pire encore d’une faute éthique sur la signification de l’intérêt général et du bien commun ». Le journal catalan La Vanguardia met en garde contre « l’instrumentalisation politique » de l’attentat. Il souligne que les « ennemis de la Catalogne ne sont pas à Madrid », et vice versa. Les ennemis de l’Espagne sont « ceux qui pensent que le temps du dialogue et de l’entente est déjà terminé et que l'heure des reproches et de l’insulte a sonné ».

El Pais, de son côté, conclut que « le meilleur atout des politiques » est le peuple espagnol, « prêt à l’exemplarité » et qui a su « se mobiliser et s’unir sous le cri de "No tinc por" », « je n’ai pas peur » en catalan. A noter également dans la presse, les espaces publicitaires investis par la Generalitat ce samedi : « La Catalogne est un pays de paix, de liberté, de convivialité et d’accueil et elle continuera de l’être. La terreur ne parviendra pas à imposer la peur à notre pays ni à déchirer nos valeurs. »

La sécurisation des lieux remise en question après l'attentat de Barcelone

Les tensions entre la Catalogne et le gouvernement central espagnol se manifestent aussi sur le plan sécuritaire. Dernier exemple en date, les déclarations du ministre de l'Intérieur espagnol ce samedi, Juan Ignacio Zoido, selon lequel la cellule terroriste est « démantelée », information que du côté catalan, on se refuse pour l'instant à confirmer. « Nous vous le dirons quand nous considérons que la cellule est démantelée », a fait savoir le porte-parole de la police catalane, Albert Oliva, conforté par Joaquim Forn, le conseiller à l'Intérieur du gouvernement catalan.

La région de Catalogne et Madrid ont fait des efforts de coordination. En juillet dernier, le ministre de l'Intérieur et la police catalane s'étaient réunis pour la première fois en huit ans. Résultat : la police catalane va désormais faire partie du Centre de renseignement contre le terrorisme et le crime organisé. Mais malgré ces efforts, beaucoup critiquent les dispositifs de sécurité à Barcelone, considérés comme insuffisants.

Les critiques proviennent des partis de l’opposition et du ministère de l'Intérieur, qui avaient demandé davantage de mesures de prévention, et de protéger des points stratégiques de la ville avec des policiers ou des obstacles. La mairie de Barcelone était d'accord pour que la sécurité soit renforcée lors de grands événements, comme des concerts ou des matches de football, mais pas au quotidien. Sur les Ramblas, la mairie avait choisi d’avoir une présence policière continue mais de ne pas installer des blocs de béton.

La gauche au pouvoir à la mairie de Barcelone face au « tout sécuritaire »

Du coup, la polémique est réapparue après l'attentat, explique Rosalia Macias, du service hispanophone de RFI, car certains estiment que ces obstacles auraient pu empêcher la voiture de poursuivre sa course, et que le bilan aurait alors été moins grave. En réponse à ces critiques, la maire de Barcelone, Ada Colau (Podemos, gauche radicale), a insisté sur les efforts sécuritaires déployés par la mairie, tout en déplorant que « la sécurité à 100 % n’existe pas ».

Au moment des attentats, le niveau d’alerte à Barcelone était de 4 sur une échelle de 5. Un niveau qui avait été établi en 2015, en raison des attentats en France, en Tunisie ou au Koweït. Ce samedi, le ministre de l’Intérieur décidait de la maintenir à ce niveau. Le niveau d’alerte maximal aurait autorisé à l’armée de se déployer dans les rues de Barcelone.

→ À relire : Une cellule présumée d'une douzaine de jihadistes démantelée en Espagne

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