Espagne

Espagne: le Barça prend position pour le référendum catalan

Gerard Piqué, défenseur du FC Barcelone et de l'Espagne, est un joueur particulier. Dans son pays, on l'aime autant qu'on le déteste.
Gerard Piqué, défenseur du FC Barcelone et de l'Espagne, est un joueur particulier. Dans son pays, on l'aime autant qu'on le déteste. ELOY ALONSO / REUTERS
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le conflit monte en puissance en Espagne, à une poignée de jours seulement du référendum d'autodétermination de la discorde, ardemment désiré par les séparatistes catalans et prohibé par les autorités politiques et judiciaires à Madrid. Tout le monde s'en mêle désormais, même les sportifs. Notamment le footballeur Gerard Piqué et son club, le mythique FC Barcelone.

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Avec notre correspondant en EspagneFrançois Musseau

Tout a commencé par un tweet incendiaire et provocateur : « Nous voterons ». Deux mots publiés par Gerard Piqué, défenseur central de l'équipe du FC Barcelone de Lionel Messi, et taulier de la sélection nationale espagnole.

Piqué est un grand joueur, qui évolue dans la Roja depuis 2009. Avec l'Espagne, il a remporté la Coupe du monde en 2010, et l'Euro en 2012. Il est aussi l'un des symboles du club catalan et, on le sait depuis longtemps, un séparatiste.

Mais ces deux mots, à la veille d'un scrutin ultra-controversé, ont provoqué un émoi dans le monde du football et dans le pays tout entier. Alors que les autorités espagnoles ont prohibé ce référendum, c'est à un appel à la désobéissance.

Gerard Piqué n'est pas une voix solitaire. La direction du FC Barcelone a pris fait et cause pour l'indépendance et pour la tenue du référendum. On peut le lire sur ses pancartes, ses affiches officielles, ses messages dans les gradins.

«Oui», peut-on lire sur cette banderole déployée au Camp Nou, le stade du FC Barcelone, le 19 septembre dernier lors d'une rencontre du championnat espagnol contre Eibar.
«Oui», peut-on lire sur cette banderole déployée au Camp Nou, le stade du FC Barcelone, le 19 septembre dernier lors d'une rencontre du championnat espagnol contre Eibar. Pau BARRENA / AFP

Le « Barça », comme on dit, souhaite la sécession. Et à Madrid, comme dans le reste de l'Espagne, on ironise : et si demain la Catalogne est indépendante, contre quels clubs jouera cette grande équipe dans le championnat national ?


 Intimidation des journalistes de la part des deux camps

Reporters sans frontières (RSF) s'inquiète du « climat empoisonné » en Catalogne, avant le référendum d'autodétermination du 1er octobre 2017. Un climat qui nuit à la liberté de la presse, selon l'ONG qui, dans son rapport, renvoie dos à dos le gouvernement catalan indépendantiste et le pouvoir central de Madrid.

Tout un climat très toxique […] règne autour de la liberté de la presse. […] Il y a des pressions qui viennent des autorités espagnoles et, en plus, le climat politique et les pressions qu’elles exercent pour empêcher la tenue de ce référendum ne font que renforcer les Catalans dans leur détermination à imposer leur vision. Donc, il y a, effectivement, des pressions des deux côtés -à la fois, gouvernement catalan, à la fois, autorités espagnoles- contre des journalistes, des journalistes à qui, parfois, on fait porter le chapeau et qui se trouvent pris entre deux feux. Ce sont des questions politiques et ce n’est pas aux journalistes, en fait, d’être victimes de tout ça

Ecoutez Pauline Adès-Mevel, responsable du bureau de Paris de RSF pour la zone Union européenne-Balkans

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