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Union européenne / Afghanistan

Réfugiés afghans: les Etats européens «ont tourné le dos à leurs principes»

Un réfugié afghan expulsé d'Allemagne arrive à l'aéroport international de Kaboul, le 13 septembre 2017.
Un réfugié afghan expulsé d'Allemagne arrive à l'aéroport international de Kaboul, le 13 septembre 2017. WAKIL KOHSAR / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Amnesty International publie ce jeudi 5 octobre un rapport sur les Afghans et plus précisément sur les demandeurs d’asile afghans renvoyés dans leur pays par l’Union européenne. Un renvoi illégal au vu des lois internationales puisque, comme le souligne l’ONG, tout le pays est en guerre.

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Deux courbes croissantes résument le rapport publié ce jeudi par Amnesty International : l’augmentation du nombre de morts civils en Afghanistan et la multiplication par les Européens des renvois forcés dans le pays. « Les renvois se font à Kaboul » puisque, explique Jean-François Dubost, d'Amnesty France, « des pays comme le Royaume-Uni ou la Norvège, considèrent que Kaboul est une zone sûre ».

Sauf qu’il n’en est rien. « Kaboul n’est pas une zone sûre. Kaboul concentre à peu près 20 % des dommages causés aux civils ». D’ailleurs, rappelle l’humanitaire, « les officiels afghans considèrent même que leur pays, dans son intégralité, n’est pas sûr ».

« Considérations élémentaires d'humanité »

Jean-François Dubost se désole de voir que « depuis à peu près 2015 » et l’arrivée sur le territoire de l’Union européenne d’environ « 1 million de personnes, dont à peu près 20% d’Afghans, les Etats ont tourné le dos à leurs principes, aux règles de droit, à des considérations élémentaires d’humanité, de [protection] de la vie humaine ».

Afghan, Fahrad Sediqi vit en France où il attend le résultat de sa demande d’asile. Paris a tenté trois fois de le renvoyer en Afghanistan. A chaque fois il a résisté. Il témoigne : « Les talibans ont volé nos terres, nos maisons dans notre village. Nous sommes partis à Kaboul. J'ai participé à une manifestation contre notre gouvernement et contre les talibans. Ils ont appelé mon père : tu laisses ton fils élever la voix contre nous, nous allons le tuer. Ensuite j'ai participé à une commission électorale, pour qu’on puisse choisir un bon président pour notre pays. Ils ont dit à mon père : tu laisses ton fils travailler avec des chrétiens. Là ils ont tenté de me tuer. J’ai été blessé aux mains, à la tête, au visage. Mon père a dit : "tu quittes le pays" ».

Entre 2015 et 2016, le nombre de demandeurs d'asile renvoyés en Afghanistan par les Européens est passé de 3 000 à 9 000 personnes.

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