Espagne / Belgique

Espagne: confusion en Catalogne alors que Puigdemont serait en Belgique

Le président catalan destitué Carles Puigdemont est parti ce lundi pour Bruxelles sans préciser les raisons de ce voyage.
Le président catalan destitué Carles Puigdemont est parti ce lundi pour Bruxelles sans préciser les raisons de ce voyage. REUTERS/Yves Herman

Beaucoup de questions en Catalogne après un week-end marqué par les manifestations. Les députés catalans doivent-ils résister à leur destitution décidée par Madrid ? C'était au président séparatiste de le dire. Carles Puigdemont qui a quitté ce lundi 30 octobre la Catalogne pour Bruxelles, selon une source gouvernementale.

Publicité

Avec notre correspondante à Barcelone,  Leticia Farine

L’information a été confirmée par une source gouvernementale à plusieurs médias espagnols. Le président destitué aurait fait le trajet depuis Barcelone jusqu’à Marseille en voiture avant de prendre un avion jusqu’à Bruxelles. Un trajet qu’il aurait fait accompagné de cinq de ses conseillers, selon plusieurs journaux qui affirment que le but de ce voyage serait de demander l’asile politique aux dirigeants flamands.

Des propos soutenus par le quotidien catalan La Vanguardia qui a révélé que Carles Puigdemont se serait entretenu lundi après-midi avec un avocat spécialiste des droits de l’homme sur la question de recevoir une protection internationale.

Une demande motivée par les propos tenus dimanche par le secrétaire d’Etat belge à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, également membre du parti nationaliste flamand. Il avait proposé d’accueillir Carles Puigdemont sur son sol, doutant que dernier puisse avoir accès à un procès équitable en Espagne. Une proposition aussitôt retirée par le Premier ministre belge Charles Michel.

La visite de Carles Puigdemont en Belgique intervient quelques heures seulement après que le procureur général de l’Etat espagnol ait requis des poursuites contre l’ancien président de la Generalitat et son gouvernement. Il demande leur comparution urgente devant une juge d’instruction en vue de leur inculpation pour sédition, malversation et rébellion. Ce dernier délit étant passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 30 ans de prison.

Le parti de Carles Puigdemont a annoncé qu'il participera aux élections régionales convoquées par le gouvernement espagnol et qui auront lieu le 21 décembre prochain.


■ Poursuites contre les dirigeants séparatistes : réactions

Dans les rues de Barcelone lundi après-midi, l'annonce des poursuites requises par le parquet fédéral contre l'exécutif catalan a déclenché la colère de nombreux indépendantistes comme Montserrat Masdeu, retraitée de 69 ans, interrogée par Leticia Farine.

« Ecoutez, ils me fatiguent. Je n'en peux plus d'eux et tout ce qu'ils disent m'indiffère. Je suis assez énervée. La justice est manipulée, le procureur est de mèche avec le gouvernement d'Espagne. Qu'ils fassent ce qu'ils souhaitent, moi je vais obéir à mon gouvernement, celui de la Catalogne, c'est le seul que j'ai. Ecoutez j'ai vécu sous le franquisme donc ce qui peut se passer maintenant ? Vous vous imaginez bien », dit-elle.

Le procureur général de l'Etat espagnol a demandé la comparution urgente de Carles Puigdemont et de ses conseillers devant une juge d'instruction en vue de leur inculpation pour sédition, malversation et rébellion. Ce dernier délit étant passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans de prison.

Pour Lidia Arisa 27 ans, cette peine serait « bien méritée ».« Cela me semble juste qu'on essaie d'empêcher Puigdemont de faire ce qu'il souhaite à la Catalogne. Tous ceux qui l'ont suivi vont payer alors que lui, il est parti et il ne va pas payer. C'est pour ça qu'il faut qu'on l'arrête et qu'on le mette lui en prison. »

► Lire aussi  L’administration catalane à l’épreuve de la tutelle madrilène

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail