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Union européenne / Agriculture et pêche

La pêche électrique en Europe soumise au vote

Un chalut dans le port de Den Helder au Pays-Bas, le 4 août 2017. Les Néerlandais ont obtenu que la pêche électrique bénéficie de dérogations depuis plusieurs années déjà.
Un chalut dans le port de Den Helder au Pays-Bas, le 4 août 2017. Les Néerlandais ont obtenu que la pêche électrique bénéficie de dérogations depuis plusieurs années déjà. Jasper Juinen/Bloomberg via Getty Images
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La pêche électrique est interdite aux Etats-Unis, en Chine, et depuis 1998 en Europe, au même titre que la pêche à l’explosif et aux poisons. Pourtant, sous le poids du lobby industriel néerlandais, la Commission européenne a accordé des dérogations à partir de 2007 pour « pêche expérimentale » et ce mardi, le Parlement européen doit voter si ce type de pêche devrait être finalement autorisé. Alors, de quoi s’agit-il ?

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La pêche électrique se pratique avec des chaluts dits « à perche », dont les chaînes, qui ordinairement raclent le fond de la mer, sont remplacées par des électrodes.

Ces électrodes, placées à l’avant du chalut, envoient des impulsions électriques de 10 à 20 volts. Le courant électrique étourdit les crustacés qui nichent dans les sédiments, comme les crevettes, et les poissons dits « benthiques » vivant dans les fonds marins, ce qui est le cas des poissons plats, comme les plies ou les soles qui se cachent sous le sable.

Les animaux, qui sont « décollés » des fonds et des rochers par l’électricité, sont alors bien plus facilement capturés dans les filets.

Les ONG, comme Bloom, dénoncent ce mode de pêche, car les poissons sont électrocutés sans distinction, ce qui cause des dommages importants sur les œufs et les juvéniles, allant, selon des témoignages, jusqu’à briser les colonnes vertébrales des poissons électrocutés.

Il n’existe néanmoins pas d’étude évaluant l’impact sur la ressource halieutique en général, et en particulier sur les espèces électrosensibles comme les raies ou les requins. Mais de leur côté, les pêcheurs professionnels qui défendent une pêche durable dénoncent un désastre écologique après le passage des chaluts électrifiés.

►Les Pays-Bas défendent la pratique

avec notre correspondante à Bruxelles, Joana Hostein

La pratique de la pêche automatique autorisée par dérogation en 2007 en mer du Nord à titre expérimental est très utilisée par les pêcheurs néerlandais.

Ces derniers se disent choqués par les arguments des associations environnementalistes. Pour ces ONG, la pêche électrique, cela revient à électrocuter toute la vie marine, à désertifier les océans et à faire disparaître petit à petit les pêcheurs artisans.

Faux, rétorque le secteur de la pêche aux Pays-Bas qui énumère les avantages d'une telle méthode. D'abord, elle permet de réduire de moitié la consommation de carburant, parce que les chaluts sont plus légers. Moins de carburant, c’est moins d’émission de CO2.

Ensuite, les rejets de poissons non désirés, parce que trop petits par exemple, sont bien moins importants.

Enfin, la technique utilisée permet en fait d’éviter de racler la couche superficielle de sable ou de vase qui est aussi l'habitat d'autres espèces. Une pêche plus économique et plus écologique que la pêche au chalut traditionnel, résument donc les pêcheurs néerlandais.

Des arguments qui, espèrent-ils, seront entendus par les eurodéputés appelés à se prononcer sur une extension de la pratique.

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