Allemagne

La presse allemande critique le nouvel accord de gouvernement SPD-CDU

La chancelière Angela Merkel a dû faire beaucoup de concessions aux sociaux-démocrates pour parvenir à un accord.
La chancelière Angela Merkel a dû faire beaucoup de concessions aux sociaux-démocrates pour parvenir à un accord. REUTERS/Hannibal Hanschke

Après des semaines de négociations, la CDU d' Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD se sont finalement mis d'accord, mercredi, sur la formation d'un nouveau gouvernement de grande coalition. Mais pour y parvenir, la chancelière allemande a dû faire des concessions et a notamment accepté que le ministère des finances qui était depuis huit ans aux mains de la CDU, passe dans celles du SPD.

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« Merkel offre le gouvernement au SPD », titre ainsi en Une le quotidien Bild Zeitung ce matin. La presse souligne en général que les sociaux-démocrates ont arraché beaucoup de concessions à Angela Merkel. « Une prouesse du SPD » commente ainsi le quotidien Frankfurter Rundschau. « La grande coalition rouge de Merkel » s’affiche en Une du Berliner Morgenpost.

Côté contenu, la presse est peu flatteuse écrit notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Le journal économique Handelsblatt titre sur « une alliance de l’immobilisme ». « Un accord sans ambition », estime le quotidien conservateur Die Welt. « Une grande coalition qui ne répond pas aux défis de demain », estime un journal régional.

Mais cette grande coalition n’est pas encore sûre. Les 463 000 militants SPD doivent se prononcer sur l’accord et ils sont plus que partagés. La direction du parti devra convaincre en mettant en avant les concessions arrachées aux conservateurs. Mais les opposants vont aussi mener campagne. Le résultat est attendu pour début mars. S’il est favorable, Angela Merkel pourra alors être réélue chancelière.


 ■ Le SPD met la main sur les Finances

Avec Olaf Scholz, c'est un poids lourd du SPD qui doit prendre les rênes du ministère des finances à Berlin. Le maire de Hambourg doit devenir vice-chancelier ce qui souligne un peu plus son rôle.

Engagé très tôt dans les jeunesses du parti social-démocrate, cet avocat de formation, spécialiste du droit du travail, a été député pendant douze ans et secrétaire général de son parti sous le chancelier Schröder. Il a été une première fois ministre d'Angela Merkel - à l'époque du travail -, entre 2007 et 2009 où une relation de confiance s'est nouée avec la chancelière. La préparation du G20 de Hambourg l'an dernier a illustré cette bonne relation. Maire de Hambourg depuis 2011, il y a engrangé deux succès électoraux et jouit d'une forte popularité.

Si le ministère des Finances passe à gauche, il ne faut pas attendre de révolution. Olaf Scholz appartient à l'aile droite du SPD et a défendu les réformes sociales de Gerhard Schröder.

La stabilité budgétaire inscrite dans la constitution est confirmée dans l'accord de coalition. Mais après le rigide chrétien-démocrate Wolfgang Schäuble à ce poste durant huit ans, le ton pourrait être plus conciliant sur la scène européenne. Dans une interview récente, Olaf Scholz exigeait une réponse rapide aux propositions d'Emmanuel Macron. Un soutien prudent que l'on retrouve dans l'accord conclu mercredi.

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