Arménie

Arménie: situation tendue, dialogue avorté entre le pouvoir et l'opposition

La police anti-émeute disperse des manifestants anti-gouvernement lors d'une mobilisation à Erevan, le 22 avril.
La police anti-émeute disperse des manifestants anti-gouvernement lors d'une mobilisation à Erevan, le 22 avril. REUTERS/Vahram Baghdasaryan/Photolure
Texte par : RFI Suivre
3 mn

La tension monte à Erevan, la capitale arménienne, au dixième jour de manifestations pour réclamer la démission du Premier ministre. Ce dimanche 22 avril 2018, la police antiémeute a procédé à des interpellations, dont celle du meneur de la contestation, Nikol Pachinian. Samedi, déjà, plus de 100 manifestants ont été arrêtés. Les forces de l'ordre ont tenté de disperser des rassemblements dans la capitale arménienne. Les tentatives de dialogue entre le meneur de la contestation et le chef du gouvernement ont tourné court.

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La crise semble s’aggraver et la situation est tendue à Erevan. La police continue d’interpeller des manifestants et prévient que si les gens ne se dispersent pas, elle va avoir recours à la force. Des heurts ont déjà fait plusieurs blessés.

Parmi les personnes arrêtées par les forces de l'ordre figurent le leader de l'opposition Nikol Pachinian, ainsi que deux autres députés d'opposition. Dans un communiqué, le Parquet précise qu'ils « ont été interpellés au moment où ils commettaient des actes dangereux pour la société ».

Pour sa part, la police arménienne a annoncé plus tôt dans la journée avoir « évacué de force » Nikol Pachinian lors d'une manifestation de l'opposition.

Echec de la rencontre entre Sarkissian et Pachinian

Ce dimanche matin, la tentative de dialogue entre Nikol Pachinian et Serge Sarkissian a tourné court. Les deux hommes se sont rencontrés dans un hôtel, devant les caméras de télévision.

Mais il a fallu moins de deux minutes aux deux hommes pour constater leur désaccord. Le temps pour l'opposant de dire, devant les journalistes, qu’il était venu là pour discuter les termes de la démission du Premier ministre Sarkissian.

Ce à quoi l’ancien président et Premier ministre depuis mardi dernier de répondre à son interlocuteur que son mouvement est illégal et qu’il n’accepte pas cet ultimatum. Et d’ajouter : « Vous n’avez pas retenu les leçons de 2008 ».

Il faisait référence aux dix morts des manifestations qui avaient suivi la première élection à la tête de l’Etat de Serge Sarkissian. Une élection marquée par quantités de fraudes, rappelle notre correspondant dans la région, Régis Gente.

Aussi, la référence est mal passée chez ceux qui occupent la rue aujourd’hui. « Qui a fait tirer sur la foule, alors ? », a rétorqué le leader de la contestation.

« Vous ne comprenez pas la situation en Arménie, le pouvoir est maintenant entre les mains du peuple », a poursuivi l'opposant. Le Premier ministre a répliqué qu'« un parti qui a enregistré un score de 8% aux élections ne peut pas parler au nom du peuple », avant de quitter la salle.

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