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Arménie / Russie

Arménie: le vice-Premier ministre se déplace à Moscou

Les partisans du leader de l'opposition Nikol Pashinian rassemblés à Erevan, le 26 avril 2018.
Les partisans du leader de l'opposition Nikol Pashinian rassemblés à Erevan, le 26 avril 2018. REUTERS/Gleb Garanich
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Arménie, la contestation populaire se poursuit à l'appel de Nikol Pachinian, l'opposant qui demande la « capitulation » du parti au pouvoir. Parallèlement à la crise politique, les autorités arméniennes multiplient les contacts avec la Russie. Moscou est resté à l'écart de la crise jusqu'à présent, mais les autorités russes suivent avec beaucoup d'attention la situation dans ce pays.

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Avec notre correspondant à Moscou,  Daniel Vallot

Ce jeudi, ce ne sont pas moins de deux responsables arméniens de premier plan qui ont fait le déplacement à Moscou. Le vice-Premier ministre Armen Guevorkian s'est ainsi rendu au Kremlin pour ce qui a été qualifié de « consultation de travail », quant au ministre arménien des Affaires étrangères Edouard Nalbandian, il a brièvement rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov.

Enfin, et c'est sans doute le plus important, Vladimir Poutine a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre intérimaire, Karen Karapetian. Selon le communiqué du Kremlin, le président russe a insisté sur le respect de la Constitution arménienne, et surtout de la majorité issue des dernières élections législatives.

Autrement dit, pas question de laisser accéder au pouvoir l'actuelle opposition arménienne, celle-ci ne disposant pas de la majorité au sein du Parlement. Après s'être tenu prudemment à l'écart, Moscou commence donc à user de son influence pour peser dans la crise.

Ce mercredi, Nikol Pachinian, le chef de file de la contestation, avait pourtant affirmé avoir reçu des garanties sur la neutralité de la Russie.


La Web TV, caisse de résonnance de la contestation

Ce mouvement de contestation sans précédent en Arménie a été largement relayé sur les réseaux sociaux. Plusieurs médias présents sur internet lui ont offert une caisse de résonnance en relayant en direct toutes les manifestations. C'est le cas de la Web TV Civil Net qui publie des informations en arménien, russe, anglais et parfois même français et qui a vu son audience s'envoler. Reportage dans la rédaction du média.

Avec notre envoyée spéciale à Erevan,  Anastasia Becchio

De la terrasse de leur rédaction, les journalistes de Civil Net, ont une vue plongeante sur les grandes places centrales d’Erevan. Comme la trentaine d'employés du média, Diana Ghabuzian a très peu dormi ces derniers jours.

« En fait, le truc avec cette manifestation, c'est qu'elle n’allait pas dans un sens et vers une rue, explique-t-elle. Ce n’était pas une manifestation. Elle était complètement éparpillée à travers toute la ville, et donc on devait gérer un live de tous les côtés pour informer. Et on s’était donné pour mission qu’il fallait non seulement informer les Arméniens, mais le monde entier. Donc on travaillait sur tous les plans et c’était extrêmement stressant, mais la chose qui nous a poussés à le faire, c’est qu’on s’est dit : " ces gens-là en valent la peine. Et c’est leur révolution " On veut participer d’une quelconque manière à montrer au monde entier ce qui est en train de se passer. »

Diana parle au passé, comme si l'événement était terminé. La rédaction reste pourtant mobilisée, et les notes qui parviennent de la rue rappellent que les manifestants sont toujours là.

« On sait que le plus dur arrive, mais on prend juste le temps de respirer, poursuit-elle. Jusqu’au 23, quand on a su la démission de Serge Sarkissian on s’est dit : " ça y est, on va pouvoir respirer un tout petit peu ". Le 24 ont a respiré et le 25 on a repris. On ne sait pas ce qui va se passer et on reste toujours sur nos gardes et donc on est dans un état un peu de relâchement, mais avec toujours l’alarme qui est prête à sonner quand ça déraille. »

Près de l'entrée, des gilets pare-balles et des casques. Cela fait plusieurs jours qu'ils n'ont pas servis.

(Re) lire : Avec la chute de Serge Sarkissian, l'Arménie tourne une page de son histoire

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