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Arménie

Arménie: le meneur de la contestation Nikol Pachinian ovationné à Gioumri

Le leader de la contestation en Arménie, Nikol Pachinian, lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Gioumri, deuxième ville du pays, le 27 avril 2018.
Le leader de la contestation en Arménie, Nikol Pachinian, lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Gioumri, deuxième ville du pays, le 27 avril 2018. REUTERS/Gleb Garanich
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La contestation se poursuit en Arménie, où le Parlement s'apprête à élire un nouveau Premier ministre mardi 1er mai. A Erevan, le chef du mouvement d'opposition, le député Nikol Pachinian, qui espère bien réussir à se faire nommer chef du gouvernement, était en déplacement à Gioumri, la deuxième ville du pays, située près de la frontière turque. Comme la capitale arménienne, Gioumri vit depuis deux semaines au rythme des manifestations populaires de masse.

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Avec notre envoyée spéciale à Erevan, Anastasia Becchio

Des centaines de véhicules. Un embouteillage monstre sur la route. Des drapeaux qui dépassent des fenêtres des voitures. Au passage des véhicules du cortège, des habitants qui font de grands signes, applaudissent ou brandissent des panneaux où sont inscrits les mots « victoire » ou « courage ».

La contestation se poursuit de plus bel en Arménie. A Erevan, le leader de la contestation, le député Nikol Pachinian, avait appelé ses soutiens à suspendre les manifestations et les blocages jusqu’à dimanche, pour reprendre des forces avant l’échéance de mardi. Mais vendredi, beaucoup ont préféré le suivre dans l'est.

A Gioumri, deuxième ville du pays située non loin de la frontière turque, Nikol Pachinian a tenu un grand rassemblement. Et a reçu un accueil triomphal. « Dans les sports de lutte, les meilleurs sont des gens de Gioumri. Ils ont toujours su faire entendre leur voix », confie l'une de ces personnes qui l'ont suivi, Mariné Sarkissian, directrice d’une agence de voyages à Erevan.

« J'ai peur que ce réveil soit trop fragile, explique Mariné. Il faut continuer avec la même énergie, le même dynamisme. C'est pour ça que je suis venue à Gioumri, apporter mon soutien à ceux qui sont ici, qui ont combattu pour leurs droits. Beaucoup de gens ont souffert, beaucoup ont été arrêtés ici, et j'aimerais bien apporter mon soutien à ces gens-là, qui sont de vrais combattants. »

L'homme providentiel

Nikol Pachinian a été largement ovationné sur la place centrale de Gioumri, noire de monde. La ville, qui abrite une base militaire russe, a été jusqu'ici à la pointe du mouvement de contestation. C’est de là que le député d’opposition avait débuté sa marche de protestation il y a deux semaines, avant de gagner Erevan à pied, à 227 kilomètres.

Pour Nikol Pachinian, il était donc important de revenir, un peu comme en campagne, à quatre jours du vote crucial au Parlement. Guevorg, 35 ans, est venu d'un village des montagnes voisines pour écouter le meneur de la contestation. Il voit en lui l'homme providentiel qui débarrassera l'Arménie de sa vieille garde.

« On ne veut plus de Karen Karapetian ou Serge Sarkissian, parce qu'ils n'ont rien apporté de bon à l'Arménie, dénonce-t-il. Moi par exemple, pour trouver du travail, je suis obligé d'aller en Russie. Ici, il n'y en a tout simplement pas. » Le Parti républicain d'Arménie au pouvoir n'a jamais eu bonne presse à Gioumri. En 2012, Serge Sarkissia y avait obtenu à peine 7% des voix à la présidentielle.

Chômage et pauvreté

 

A Gioumri, sur la scène installée devant la mairie, Nikol Pachinian a prononcé un discours de vainqueur : « Au lieu d'émigrer, nos compatriotes vont affluer vers notre Patrie bien-aimée », a-t-il lancé, alors que Gioumri, comme le reste du pays, souffre de pauvreté, du chômage... Des problèmes amplifiés par le blocus imposé par la Turquie depuis les années 1990.

 

La situation n'a que trop duré, pour Seda Mertaryan, retraitée. « Ça ne peut pas continuer comme ça, dit-elle. Regardez sur cette place, on a quatre banques. On n'arrête pas de se rencontrer dans ces banques, parce que les gens sont obligés de prendre des crédits ne serait-ce que pour pouvoir dresser leur table du Nouvel An. Jusqu'à quand ça va durer ? C'est pas possible ! Et c'est pour ça que les gens manifestent, et ils ont raison ! »

Faute de trouver un terrain d'entente avec le parti au pouvoir, que les manifestants rejettent en masse dans la rue, Nikol Pachinian poursuit sa campagne à travers le pays. Après l'ambiance de kermesse à Gioumri, ce samedi, direction Vanadzor, troisième ville du pays où là aussi, la contestation populaire est vive.

Arménie: direction Gioumri, dans le bus avec les manifestants venus d'Erevan

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