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Arménie

Arménie: à l'avant-veille du scrutin, le camp de la protestation se remobilise

Les manifestants arméniens à Erevan, ce dimanche 29 avril 2018.
Les manifestants arméniens à Erevan, ce dimanche 29 avril 2018. REUTERS/Gleb Garanich
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En Arménie, une nouvelle démonstration de force du leader de la contestation, qui a démarré il y a 15 jours, est prévue ce dimanche 29 avril 2018 à Erevan, la capitale. Nikol Pachinian appelle ses partisans à un grand rassemblement pour peser sur l'élection d'un nouveau Premier ministre, mardi, au Parlement.

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Avec notre envoyée spéciale à Erevan,  Anastasia Becchio

Les rangs des manifestants grossissaient progressivement, dimanche à la mi-journée, avec des actions disséminées dans la capitale, dans une ambiance très festive. La machine s'est remise progressivement en marche après deux journées de pause et un rassemblement est prévu en soirée place de la République.

Comme prévu, à la mi-journée, les blocages de rues ont repris à l’appel de Nikol Pachinian. Chacun sa technique : certains dansent, font des rondes, chantent… D’autres organisent des « sit-in » enroulés dans des drapeaux arméniens. Un groupe de femmes d’âge mûr se tient au milieu de l’une des rues qui part de la place de la République. Elles bloquent la circulation, mais une voiture, un gros tout terrain blanc, finit par se faufiler.

« Voilà, ça c’est un oligarque qui vient de passer. C’est sûr que c’est un oligarque. Le parti républicain est mort. On est fatigué de ce parti d’oligarques. Tout est entre leurs mains. Mais Nikol Pachinian veut mettre fin à tout ça pour qu’il y ait une renaissance dans le pays ! », commentent les femmes. 

Le parti républicain est mort. On est fatigué de ce parti d'oligarques. Tout est entre leurs mains. Mais Nikol Pachinian veut mettre fin à tout ça pour qu'il y ait une renaissance dans le pays.

[Reportage] A Erevan, les partisans de Nikol Pachinian restent mobilisés

Au centre des préoccupations des manifestants : la session extraordinaire de mardi prochain au Parlement monocaméral arménien. Les manifestants suivent attentivement les derniers développements. Ils ne crient pas victoire, après l’annonce par le Parti républicain d'Arménie qui ne présenterait pas de candidat. « Le parti républicain est prêt à toutes les bassesses. C’est pourquoi nous ne croyons pas un mot de ce qu’ils disent. Je pense qu’ils veulent encore jouer la montre, pour que les gens finissent par se fatiguer et arrêter de se battre. Ils font traîner les choses pour qu’on se décourage !», commentent encore les femmes.

Et ce d’autant qu’un boycott massif du scrutin par l'actuel parti au pouvoir rendrait le vote invalide, faute de majorité. Mais la direction du parti a promis d’annoncer sa position lundi. Toujours ce dimanche, Nikol Pachinian avait un entretien avec le président du groupe des républicains au Parlement, Vahram Baghdasaryan. Pour les manifestants, il n’y a qu’une seule issue : «Nikol Premier ministre». Le député d’opposition a reçu plusieurs soutiens, notamment de la part de la deuxième force politique du Parlement. Mais rien ne dit que cela sera suffisant.

Une certaine mainmise d'un parti politique sur le pouvoir permet d'avancer sur certains problèmes de façon plus stable, mais cela ne peut pas durer longtemps. Je pense que notre principal problème, c'est que nous n'avons pas compris, au sein du Parti républicain, que le monopole d'un seul parti sur la vie politique était dangereux. Cela signifie que le Parti républicain n'a pas compris qu'il était nécessaire de laisser une place et un rôle de l'opposition. Une opposition forte dans le pays, ça veut dire un pays fort et un pouvoir fort. Je pense que c'est là notre principale erreur. Mais tout en reconnaissant cette erreur, nous ne devons pas retomber dans les mêmes travers, en échangeant un monopole contre un autre

David Artyunian, ministre arménien de la Justice par intérim

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