Ukraine / Russie

Vol MH17 abattu en Ukraine: le missile venait d'une unité militaire russe

Des débris du vol MH17 à Grabovo, Donetsk.
Des débris du vol MH17 à Grabovo, Donetsk. REUTERS/Sergei Karpukhin

Le missile qui a abattu le vol MH17 au-dessus de l'Ukraine en 2014 provenait d'une unité militaire russe, ont indiqué, jeudi 24 mai, les enquêteurs internationaux. L’armée russe a rejetté toute responsabilité et accuse Kiev.

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Les enquêteurs « ont conclu que le missile BUK qui a abattu le vol MH17 provenait de la 53e brigade anti-aérienne basée à Koursk, en Russie », a annoncé l'enquêteur néerlandais Wilbert Paulissen. « La 53e brigade fait partie des forces armées russes », a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse aux Pays-Bas.

Un missile acheminé de Russie

L'avion de la compagnie Malaysia Airlines avait été abattu au-dessus de l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine le 17 juillet 2014 et l'ensemble des 298 personnes présentes à son bord, en majorité des Néerlandais, ont péri. En septembre 2016, les enquêteurs internationaux avaient déjà conclu que le missile avait été acheminé de Russie avant d'être tiré d'un territoire dans l'Est de l'Ukraine contrôlé par les séparatistes prorusses. Ils n'ont pas dit qui avait tiré le missile.

A ce jour, l'équipe internationale a minutieusement recréé la route empruntée par le convoi militaire depuis Koursk à travers la frontière ukrainienne en utilisant des photos et des vidéos. Selon l'enquêteur Paulissen, le missile BUK possède « nombre de caractéristiques uniques qui en tant que telles constitueraient une sorte d'empreinte digitale pour un missile ».

Moscou a, à plusieurs reprises, nié son implication dans le drame en accusant l'Ukraine. « Aucun missile russe » n'a « jamais franchi la frontière russo-ukrainienne », a assuré ce jeudi le ministère russe de la Défense, dans un communiqué, mettant en cause « l'implication d'unités ukrainiennes ayant utilisé les missiles Bouk », de conception soviétique.

L'investigation menée par les Pays-Bas est actuellement focalisée sur quelque 100 personnes soupçonnées de jouer « un rôle actif » dans cette affaire. Aucun nom n'a jusqu'à présent été cité. Le chef des enquêteurs Fred Westerbeke a souligné jeudi que l'enquête était dans sa « phase finale » en estimant qu'il y « avait encore du travail à faire ».

Procès aux Pays-Bas

Au cours des années précédentes « nous avons acquis beaucoup de preuves, mais nous ne sommes pas encore prêts » à procéder à des accusations, a-t-il dit. Les autorités néerlandaises ont annoncé que le procès de tout suspect arrêté dans le cadre de cette affaire aurait lieu aux Pays-Bas aux termes d'un accord conclu entre les pays participant à l'enquête.

(avec AFP)

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