environnement

Huile de palme: après le glyphosate, Hulot à nouveau à contretemps

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la sortie du Conseil des ministres, à l'Elysée, le 22 novembre 2017.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la sortie du Conseil des ministres, à l'Elysée, le 22 novembre 2017. Ludovic MARIN / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En France, des agriculteurs bloquent toujours des raffineries et des dépôts de carburant pour protester contre l'importation d'huile de palme utilisé par Total pour produire du biodiesel. Aujourd’hui, ce n’est pas Nicolas Hulot qui les recevra mais le ministre des Transport Stéphane Travert. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, lui, est aux Antilles depuis trois jours. Une nouvelle fois, il s'implique bien peu pour défendre une décision polémique, qui consiste à donner son feu vert à l'importation d'huile de palme, dont la culture est responsable de déforestation.

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Nicolas Hulot est actuellement en Guadeloupe pour s'occuper d'un dossier urgent sur place : le ramassage des algues qui envahissent les plages et les ports. Il n'empêche, le voilà une nouvelle fois à contretemps : il n'est pas à Paris pour défendre une décision qui l'embarrasse.

Fin mai, déjà, alors que l'Assemblée rejetait les amendements visant à interdire le glyphosate d'ici trois ans, le ministre était en Corse. Officiellement pour inaugurer une station d'épuration à Quenza, village de Corse du Sud… ce qui lui permettait du même coup de ne pas être présent lors des débats.

Il n'en fallait pas plus pour que sa présence au gouvernement soit à nouveau questionnée : le président de Debout de la France Nicolas Dupont Aignan lui reproche d'avaler des couleuvres et même des « boas », alors que des sénateurs de droite l’appellent à « se ressaisir ».

Un cas à part

Nicolas Hulot est un cas toujours à part au sein du gouvernement. « C'est un hypersensible, qui doute en permanence, mais c'est ce qui le porte », assure une ministre. Lui certifie « ne pas avoir d'états d'âmes », tout en raréfiant sa parole pour ne pas devoir sans cesse justifier de arbitrages qu'il désapprouve.

« Oui, je voudrais que ça aille plus vite sur l'écologie, mais je reste au gouvernement », a-t-il dit en substance après l'épisode du glyphosate. L'ancien animateur de télé assure travailler « pour le moyen et le long terme », il donne la priorité au dossier nucléaire. Mais il veut avoir un « moment de vérité » avec Emmanuel Macron avant l'été, alors que sa popularité décroit au fil des mois.

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