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L’Allemagne protège ses entreprises stratégiques des convoitises chinoises

Un transformateur électrique appartenant à 50Hertz, à Neuenhagen, en Allemagne.
Un transformateur électrique appartenant à 50Hertz, à Neuenhagen, en Allemagne. REUTERS/Tobias Schwarz/File Photo

Les investissements industriels se développent entre l'Allemagne et la Chine et les deux pays entretiennent d'étroites relations économiques. Mais derrière cette façade positive et les déclarations de bonnes intentions, des inquiétudes demeurent. Pour les investisseurs allemands, elles concernent le protectionnisme des autorités chinoises dans leur propre pays. Pour l’Etat, il s'agit de l'intérêt grandissant de Pékin pour des reprises d'entreprises allemandes, surtout lorsque des secteurs stratégiques sont concernés. Berlin vient ainsi d’acheter 20 % du gestionnaire de réseau d’électricité 50Hertz, afin d’empêcher un géant chinois de prendre un cinquième du capital de l’entreprise.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut,

« Les entreprises chinoises sont les bienvenues en Allemagne ». Début juillet, Angela Merkel reçoit son homologue chinois Li Keqiang. Différents accords économiques sont conclus. Face à l’administration américaine, les deux responsables prennent ensemble position pour le commerce international.

Mais Berlin est en même temps inquiet de la montée en puissance des investissements chinois en Allemagne – 600 millions en 2015, 12 milliards l’an passé. En 2017, un décret était donc adopté prévoyant que l’acquisition de plus de 25 % d’une entreprise aux activités stratégiques –infrastructures, énergie, informatique- pouvait être interdite.

Dans le cas du gestionnaire de réseau d’électricité 50Hertz, un géant chinois voulait acheter 20 % de l’entreprise et ne s’attendait donc pas une réponse négative. Cette mauvaise surprise pourrait irriter les investisseurs chinois. Berlin a dû mobiliser une banque publique pour acheter ces parts de 50Hertz mises en vente.

« Le gouvernement allemand a un grand intérêt à protéger les infrastructures énergétiques », a précisé le ministère de l’Economie. Une deuxième entreprise pourrait elle aussi prochainement bénéficier des mêmes mesures. Leitfeld Metall Spining n’est qu’une grosse PME faisant un chiffre d’affaires de 40 millions d’Euros. Mais pour Berlin, ce spécialiste des matériaux de haute résistance utilisés dans l’industrie aérospatiale ou nucléaire ne doit pas non plus être repris par des investisseurs chinois.

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