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Humanitaire: un rapport britannique pointe une exploitation sexuelle «endémique»

Entachée par un vaste scandale sexuel, notamment en Haïti, l'ONG Oxfam a dévoilé un plan d'action en février 2018 pour s'attaquer aux problèmes de harcèlement qui entachent le fonctionnement de l'organisation dans plusieurs pays d'accueil..
Entachée par un vaste scandale sexuel, notamment en Haïti, l'ONG Oxfam a dévoilé un plan d'action en février 2018 pour s'attaquer aux problèmes de harcèlement qui entachent le fonctionnement de l'organisation dans plusieurs pays d'accueil.. REUTERS/Peter Nicholls

Le problème de l'exploitation sexuelle est « endémique » dans le secteur de l'aide humanitaire, qui n'en a pas fait assez pour tenter de l'éliminer. Une attitude qui frise « la complicité », selon un rapport parlementaire britannique publié ce mardi.

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Ce rapport de la Commission du Développement international de la chambre des Communes fait suite au scandale provoqué par les révélations en février d'abus sexuels commis par certains employés de l'ONG britannique Oxfam après le séisme dévastateur de 2010 en Haïti. Ces révélations avaient déclenché une cascade de plaintes.

La Commission estime que l'ampleur du problème est impossible à déterminer mais soupçonne que les cas connus ne sont que le sommet de l'iceberg. « Il y a des cas d'exploitation et d'abus sexuels, et ils ont lieu à travers les organisations, les pays et les institutions. C'est endémique, et ça l'est depuis longtemps », souligne-t-elle. « La fourniture d'aide aux personnes et communautés en crise a été minée par des prédateurs sexuels qui exploitent des systèmes de gouvernance affaiblis », a-t-elle ajouté.

Protéger la « réputation » plus que les victimes

Selon les députés, le secteur humanitaire surestime les efforts déployés pour résoudre le problème: l'autorégulation qu'il a mise en place est insuffisante. Ils recommandent notamment le déploiement d'un registre mondial des travailleurs humanitaires pour empêcher les prédateurs sexuels de se maintenir en passant d'une ONG à une autre.

« Le secteur humanitaire, collectivement, a connaissance depuis des années des cas d'exploitation et d'abus sexuels par son propre personnel mais l'attention qu'il a donnée au problème n'est pas à la hauteur du défi », a déploré le rapport, dénonçant une « culture du déni » au sein des ONG comme des Nations unies.

La réponse « molle » du secteur a créé « une impression globale de suffisance, qui frise la complicité », a-t-il ajouté, estimant que les ONG étaient plus soucieuses de protéger leur « réputation » que des victimes.

Le Royaume-Uni accueillera en octobre une conférence internationale destinée à définir une approche commune à tout le secteur.

►Les députés britanniques recommandent notamment le déploiement d'un registre mondial des travailleurs humanitaires pour empêcher les prédateurs sexuels de se maintenir en passant d'une ONG à une autre.

C’est la seule façon, à mon sens, de garder un œil sur tous ceux qui travaillent dans le secteur humanitaire. S’il est avéré qu’un homme a commis des abus, il ne doit pas pouvoir obtenir d’autre emploi. Or ce qui se passe actuellement, c’est que les hommes qui commettent ces délits, s’ils sont découverts, sont autorisés à quitter l’agence dans laquelle ils sont employés pour aller travailler dans une autre. Nous devons faire en sorte que ces pratiques changent. Nous devons dire : si la personne fait l’objet d’une enquête, son prochain employeur doit en être informé. Sans cela, ils bénéficient d’une immunité. Et cela n’aide surtout pas les victimes, qui sont des femmes et des jeunes filles très vulnérables, en particulier dans des régions du monde en guerre ou touchées par un séisme.Ca n'est pas juste : nous ne donnons pas de l’aide à ces pays pour que des hommes y abusent des femmes. Cette aide est destinée à soutenir des gens qui vivent des situations difficiles et éprouvantes 

Ecoutez les précisions de Pauline Latham, députée du Parti conservateur

 

 

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