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Turquie / Finances

Turquie: le ministre des Finances tente de rassurer les investisseurs

Le ministre turc des Finances Berat Albayrak, le 10 août 2018, à Istanbul.
Le ministre turc des Finances Berat Albayrak, le 10 août 2018, à Istanbul. REUTERS/Murad Sezer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Rassurer les investisseurs, c'était la mission du ministre turc des Finances. Berat Albayrak s'est adressé à trois mille d'entre eux par conférence téléphonique ce jeudi 16 août. Si la livre turque a retrouvé des couleurs avant l'intervention du ministre, les marchés financiers n'ont pas obtenu les mesures urgentes qu'ils attendaient.

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Un discours, mais pas de mesures concrètes du ministre des Finances pour redresser la situation monétaire en Turquie. « Le pays sortira plus fort de cette crise », a martelé Berat Albayrak, également gendre du président Erdogan.

Une méthode Coué qui n'a pas convaincu les investisseurs. Il leur a certes promis que la Turquie resterait une économie de marché, qu'il n'y aurait pas de contrôle des capitaux, et qu'Ankara couperait dans les dépenses publiques pour diminuer son endettement. Une rigueur budgétaire réclamée par le monde des affaires.

Mais les investisseurs attendent la concrétisation de ces promesses. Surtout ils n'ont pas obtenu ce qu'ils attendaient le plus, à savoir une hausse des taux d'intérêt et la garantie que la Banque centrale turque pourrait agir en toute indépendance. L'accalmie sur les marchés monétaires turcs pourrait donc être de courte durée.

On est toujours à court de détails et de vrai plan d'action...

Réaction de Guillaume Tresca, spécialiste des marchés émergents au Crédit agricole


■ Berat Albayrak, le « gendre »

Bombardé ministre des Finances le mois dernier, Berat Albayrak, gendre du président Recep Tayyip Erdogan dont il est souvent présenté comme le dauphin, est en première ligne dans la tempête monétaire qui secoue la Turquie. Un baptême du feu pour celui qui a hérité du portefeuille le plus épineux du pays.

Ses détracteurs l’appellent « le gendre », une formule rapide pour avancer qu’avec lui Erdogan a préféré la confiance, à la compétence. Le jour de sa nomination, la livre turque cédait 3%, le vendredi où la monnaie nationale décrochait totalement, Berat Albayrak épongeait son visage dégoulinant de sueur.

Une fébrilité visible comme la conséquence d’une expérience politique brève : 3 ans, toujours au plus près du chef de l’Etat sur toutes les photos.

Berat Albayrak reprend d’ailleurs au mot près la rhétorique de son beau-père de président : la cause de la crise économique, c’est simple. C’est une « opération d'origine étrangère » destinée à faire tomber le gouvernement.

Des propos complotistes et CV maigre disent les économistes, mais trajectoire météorique. Soupçonné d’avoir joué un rôle dans un possible commerce de pétrole entre la Turquie et l’organisation de l’Etat islamique, le dauphin de 40 ans a aussi été cité dans les « Paradise Papers » au centre d’un montage financier pour permettre à l'entreprise familiale de ne pas payer des millions de dollars d'impôts.

(Re) lire : Le Qatar investit 15 milliards de dollars en Turquie

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