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Allemagne

Extrême droite en Allemagne: Angela Merkel dénonce «la haine dans la rue»

Des policiers allemands surveillent une manifestation de l'extrême droite à Dresde, le 28 août 2018.
Des policiers allemands surveillent une manifestation de l'extrême droite à Dresde, le 28 août 2018. REUTERS/Matthias Rietschel

La tension ne retombe pas en Allemagne après la mort d'un Allemand samedi poignardé suite à une altercation avec des réfugiés. Après deux nuits de débordements de l'extrême droite de Chemnitz c'est l'extrême droite de Dresde qui s’est mobilisée ce mardi 28 août. La chancelière Angela Merkel a pour sa part dénoncé « la haine dans la rue ».

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Les « chasses à l'homme » organisées contre les étrangers par des sympathisants d'extrême droite dimanche dans les rues de Chemnitz, dans l'ex-RDA, puis les violences qui ont marqué lundi soir un nouveau rassemblement d'environ 6 000 d'entre eux - dont plusieurs ont défilé en faisant le salut hitlérien - constituent un choc pour l'Allemagne.

La chancelière Angela Merkel les a officiellement condamnées ce mardi, en estimant que cela n’avait « rien à voir avec l’État de droit ». « Nous avons des enregistrements vidéos qui montrent des attroupements, des chasses à l’homme, des démonstrations de haine dans la rue, tout cela n’a pas sa place en Allemagne. Cela a déjà été dit hier au nom du gouvernement et je ne peux que le souligner encore une fois. Il ne doit pas y avoir de tels débordements sur aucune place et dans aucune rue. »

« La police a bien sûr tout mis en œuvre, avec responsabilité, pour mettre fin à ces violences et éviter qu’il y en ait d’autres, a insisté la chancelière allemande. Mais je trouve juste et important que le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer ait officiellement proposé l’aide de la police fédérale à la région de Saxe pour ramener de l’ordre et du calme et faire respecter la loi. Si jamais la Saxe en avait besoin. L’État est prêt à la soutenir sur ce dossier, pour que nous puissions garantir l’État de droit. »

Faible mobilisation à Dresde

Une nouvelle manifestation prévue mardi après-midi à Dresde cette fois, ville proche de Chemnitz et capitale de l'État régional de Saxe, n'a rencontré que peu d'écho.

Les sympathisants d’extrême droite étaient en effet peu nombreux - une centaine tout au plus - à s’être réunis à partir de 15h devant le parlement régional de Dresde. Ce même parlement où l’AfD doit arriver au pouvoir à l’issue des élections régionales de l’an prochain, estime Roland, interrogé par notre envoyée spéciale sur place, Nathalie Versieux.

Ce comptable de 54 ans est présent à toutes les manifestations de l’AfD, excédé par « les avantages » dont bénéficieraient les réfugiés « quand nous, nous n’avons rien ». « Un Allemand qui travaille doit se contenter de 400 euros par mois pour vivre et, eux, c’est leur argent de poche », affirme-t-il, les yeux cachés par des lunettes de soleil.

La police patrouille en bateau sur l’Elbe tandis qu’à l’autre bout de la place, l’université de Dresde a mobilisé quantité d’étudiants et d’activistes de gauche. A Dresde, où le mouvement anti-Pegida mobilise chaque semaine des centaines de personnes, la mobilisation de l’extrême droite s’est déroulée pacifiquement. Mais le Land, qui a voté à 27% pour l'AfD en septembre dernier, est aussi en tête pour le nombre des agressions contre des étrangers et les incendies contre des foyers de réfugiés.

Nous sommes là parce qu'un jeune homme a été assassiné à Chemnitz. La presse ne le mentionne que brièvement. Pour ne souligner que le fait que soi-disant plein de nazis étaient là. Ici, il n'y a pas un seul nazi. Pas un seul de nous n'est nazi. Nous sommes tous des citoyens normaux de la ville de Dresde.

L'extrême droite donne de la voix à Dresde

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