Allemagne

Allemagne: selon Seehofer, l’immigration «est la mère de tous les problèmes»

La chancelière allemande Angela Merkel échange avec le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, le 3 juillet 2018.
La chancelière allemande Angela Merkel échange avec le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, le 3 juillet 2018. REUTERS/Hannibal Hanschke

Une fois de plus, la question migratoire suscite des débats en Allemagne, trois ans après la décision d'Angela Merkel d’une politique très ouverte envers les réfugiés. Après les manifestations xénophobes de Chemnitz suite à la mort d'un Allemand, crime dont des étrangers sont soupçonnés, le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer vient d'attaquer de front la politique migratoire de la chancelière. Son interview a provoqué un véritable tollé.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibault

« La question migratoire est la mère de tous les problèmes dans ce pays. Cela fait trois ans que je le dis ». Le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a provoqué un tollé avec une interview, deux mois après son conflit sur ce même dossier avec Angela Merkel qui a failli faire exploser la coalition au pouvoir à Berlin.

Ces déclarations du président de la CSU bavaroise interviennent cinq semaines avant les élections régionales-test dans sa région. Elles ont également eu lieu après les incidents de Chemnitz : après la mort d’un Allemand à l’arme blanche dans cette ville, plusieurs manifestations à l’appel de l’extrême-droite ont eu lieu sur place. « En tant que citoyen, je serais descendu dans la rue, mais sans défiler avec les plus radicaux », ajoute Horst Seehofer qui exprime sa compréhension pour les manifestants.

Angela Merkel, dont la politique migratoire est à nouveau attaquée de front par son ministre de l’Intérieur, l’a critiqué à demi-mot dans une interview télévisée. « La question migratoire nous confronte à des défis. Il y a des problèmes à surmonter, il y a aussi des succès. Nous sommes en train de surmonter ces problèmes, nous avons encore à faire. Mais nous avons aujourd’hui une situation totalement différente de celle d’il y a trois ans et elle ne va pas se reproduire. »

Des responsables de gauche et du parti libéral ont dénoncé les déclarations du ministre de l’Intérieur. Le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung commente : « Les fascistes dans ce pays, et leurs sympathisants silencieux, considèrent depuis longtemps le patron de la CSU comme un des leurs. Si Seehofer ne le souhaite pas, il doit enfin prouver le contraire. »

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