Suède

Suède: les ONG pour l’intégration des migrants inquiètes avant les élections

Des affiches de campagne sont visibles dans le quartier de Rinkeby, à Stockolm, le 7 septembre 2018
Des affiches de campagne sont visibles dans le quartier de Rinkeby, à Stockolm, le 7 septembre 2018 REUTERS/Ints Kalnins

Chez les associations qui s'occupent de l'intégration des migrants en Suède, l'issue des élections législatives de dimanche 9 septembre inquiète. A l’ONG Kompis, qui organise de nombreuses activités pour les migrants et notamment des rencontres individuelles après entretien, pour que des relations d'amitié se développent entre Suédois et étrangers, on constate une évolution du rapport aux étrangers depuis 2015.

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Avec notre envoyée spéciale à Stockholm,  Juliette Gheerbrant

Un piano, quelques jolies tables, c’est dans un local du quartier de Söderberg qu’Ingrid, architecte suédoise, est venue rencontrer Sible, réfugiée érythréenne. Toutes deux sont avec leurs enfants.

Ingrid trouve qu’il n’y a pas assez de mixité sociale à Stockholm : « C’est vraiment frappant, c’est très blanc dans le centre-ville et dans les banlieues il y a des quartiers où il n’y a que des immigrés ».

Sible est arrivée d’Asmara il y a 8 ans. Tous les jours, elle voit ses amis d’Erythrée, « reste en terrain connu ». A Kompis, « avec des amis suédois, on apprendra davantage de choses », pense-t-elle.

La montée de l'extrême droite, Sible ne s’en préoccupe pas. En revanche Elina Blomberg, responsable de l'association, est inquiète. Mais elle a perçu un changement dès que le gouvernement a décidé de restreindre l’accueil des réfugiés, fin 2015.

Cette année-là, « il s’est vraiment passé quelque chose et on en voit encore les effets aujourd’hui ». Auparavant, de nombreux Suédois « venaient, qui voulaient rencontrer des étrangers ». Mais, après le « pic » de 2015, où le pays avait pris en charge 160 000 personnes, « c’est devenu plus dur de trouver des gens, c’est vraiment triste ».

Ce qui n'empêche pas Chadli de rester optimiste. Il « pense que la Suède va continuer à accueillir tout le monde. Et nous devons travailler ici, pour que ce pays aille toujours mieux ». Enseignants syriens, Chadli et sa femme Dilma ont été relocalisés par l’ONU il y a 6 mois et « ça se passe très bien », expliquent-ils.

Pour les gens qui votent centre ou centre-gauche, l’identité c’est la démocratie, c’est l’ouverture, c’est la tolérance de la Suède. Pour certaines personnes qui votent conservateurs ou, surtout pour les Démocrates de Suède [parti d’extrême-droite], c’est être Suédois culturellement, ou même ethniquement. […] C’est l’idée de la Suède qui divise les Suédois.

Tomas Lindbom, écrivain et spécialiste en communication, à propos de l’identité divisée de la Suède ces dernières années

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