Accéder au contenu principal
Italie

Les Italiens «humiliés» par l'arrivée des cafés Starbucks

La chaîne américaine Starbucks s'est installée à Milan, en Italie.
La chaîne américaine Starbucks s'est installée à Milan, en Italie. REUTERS/Stefano Rellandini
2 mn

En Italie, une polémique enflamme les réseaux sociaux. Partisans et adversaires se bagarrent à coups de tweets et de posts passionnés. L'enjeu de ce match inhabituel, c’est l’arrivée de Starbucks dans le pays. Le leader mondial des moccacinos et autres cappuccinos a inauguré à Milan le jeudi 6 septembre, son premier point de vente dans la péninsule.

Publicité

De notre correspondante à Rome,

Le sujet est brûlant comme un expresso. Un intérêt national est en jeu. L’Italie, c’est le pays du café aux meilleurs mélanges, décliné à la tasse, au verre, serré, allongé, au lait , au cacao, chaud ou froid. Alors l’ouverture au coeur de la capitale lombarde de 2 400 mètres carrés sous l’enseigne américaine du café en gobelet de papier, « c’est une humiliation », écrit le Corriere Della Sera, un « scandale », hurlent les défenseurs de la tradition, « du vol », accuse même une association de consommateurs qui a porté plainte contre Starbucks.

Le cappuccino des Américains coûte jusqu'à 4 euros. C’est plus de deux fois le prix des bars italiens traditionnels. Un peu fort de café quand même. Et c’est ainsi que tout le pays discute de savoir s’il est acceptable ou pas de boire du café américain vendu trois fois plus cher.

Une usine à café qui mise sur la réinsertion et l'emploi

Pourtant la mairie de Milan a encouragé et soutenu cette implantation. L'entreprise américaine a en effet ouvert beaucoup plus qu’un bar, une usine à café avec sur place, au milieu des clients, une machine capable de torréfier 3 450 kilos de café par jour. De quoi fabriquer du café pour ses autres points de vente en Europe. Elle a annoncé la création de 300 emplois, et promis l’insertion de jeunes sans qualification et de migrants. Beaucoup y voient une chance de développement économique.

Une version italienne du Starbucks pour mieux séduire

Alors si les opposants au Starbucks se déchaînent sur les réseaux sociaux au nom de l’identité italienne trahie, les amateurs de grandes tasses de mocaccino sont eux sur le terrain. Prêts à faire la queue pendant 3 ou 4 heures sous la pluie pour entrer dans le temple milanais du café américain et là - première surprise - une bonne odeur de pain cuit au four sur place.

Pas de donuts ou de muffins, comme à New York ou Londres, mais des pizzas et des focace préparées sur place par un célèbre boulanger milanais. Les tasses en carton sont noires avec lettres d’or. Sur une mezzanine, on sert aussi des cocktails et des boissons alcoolisées. Pour son siège milanais, la chaîne américaine casse tous ses codes et invente un autre concept, à l’italienne. Ça a l’air de marcher. Le magasin ne désemplit pas.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.