Malte / Migrants

Les 58 migrants de «l'Aquarius» autorisés à débarquer à Malte

Les migrants de l'Aquarius seront répartis entre la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal.
Les migrants de l'Aquarius seront répartis entre la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Portugal. REUTERS/Guglielmo Mangiapane

Les 58 migrants secourus en Méditerranée par le navire humanitaire Aquarius seront autorisés à débarquer à Malte, a annoncé le chef du gouvernement maltais Joseph Muscat ce mardi 25 septembre. Ils seront ensuite accueillis en France, en Espagne au Portugal et en Allemagne.

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« Les 58 migrants à bord de l'Aquarius seront transbordés sur un navire maltais dans les eaux internationales et conduits à Malte », a écrit le Premier ministre Joseph Muscat sur son compte Twitter. Pour y arriver, ils seront transbordés en haute mer sur un navire maltais.

Une solution satisfaisante pour l'ONG SOS Méditerranée qui se réjouit que les 58 migrants à bord de l'Aquarius puissent rapidement débarquer dans le port sûr le plus proche, dans le respect du droit international.

Un porte-parole du gouvernement maltais a déclaré que les rescapés seraient « immédiatement transférés dans quatre autres pays européens » dès que la logistique le permettra. « Le gouvernement maltais participe à cet effort sur une base purement humanitaire », a-t-il souligné.

Un peu plus tôt, le Portugal avait annoncé s'être mis d'accord avec la France et l'Espagne pour accueillir dix d'entre eux. La décision de les recevoir a été prise « de façon solidaire et concertée avec l'Espagne et la France », a souligné le ministère portugais de l'Intérieur dans un communiqué. L'Allemagne est le quatrième pays à figurer dans cet accord de répartition, a indiqué Matignon. Selon une source gouvernementale citée par l'Agence France-Presse, l'Allemagne et l'Espagne accueilleront chacune 15 de ces 58 migrants, tandis que la France en recevra 18.

Mécanisme de solidarité

Lundi, le navire affrété par SOS Méditerranée avait mis le cap sur le port de Marseille dans l'espoir que les autorités françaises permettent « à titre exceptionnel » le débarquement des migrants qui se trouvaient à son bord. Mais le gouvernement a suggéré mardi matin que le navire accoste plutôt à Malte, provoquant la colère de la gauche qui a dénoncé une attitude jugée « irresponsable » et « inacceptable ».

Interrogé lors d'une conférence de presse à l'ONU sur le fait que la France n'a pas accueilli les réfugiés de l'Aquarius à Marseille alors qu'il défend l'humanisme et la lutte contre les inégalités, Emmanuel Macron s'est justifié, expliquant sa vision des choses et les enjeux nationaux de ses décisions.

Si je me mets à dire que la France devient le port d'accueil de tous les bateaux qui partent d'Afrique, d'abord ça n'est pas une solution à laquelle je crois, et en plus ce n'est pas soutenable même politiquement.

Emmanuel Macron, président français

Malte avait déjà accueilli l'Aquarius à la mi-août avec 141 migrants et, fin juin, le Lifeline et ses 233 rescapés. Mais à chaque fois, La Valette avait exigé des garanties de ses partenaires européens avant d'ouvrir son port, pour que les réfugiés à bord des bateaux soient répartis dans d'autres Etats. Paris voit là une ébauche du mécanisme de solidarité européenne qu'il défend en réponse à la fermeture des ports italiens depuis l'été.

En quête d'un nouveau pavillon

L'Aquarius, lui, poursuivra sa route vers Marseille, son port d'attache. Au moment où il touchera terre, le navire de SOS Méditerranée ne pourra plus bouger : Panama, sous pression de l'Italie, a annoncé qu'il lui retirait son pavillon de navigation. Le navire souhaite staionner à Marseille le temps de résoudre ce problème, explique SOS Méditerranée. 

L'Aquarius est le dernier navire humanitaire à parcourir la Méditerranée pour porter secours aux migrants qui essaient de rejoindre l'Europe par la mer. Depuis le début de l'année, plus de 1 250 personnes sont ainsi mortes noyées en tentant la traversée. La question est désormais de savoir si l'Aquarius trouvera un nouveau pavillon pour reprendre ses activités. L'ONG et son partenaire à bord Médecins sans frontières se disent en tout cas déterminés à retrouver un pavillon pour poursuivre leurs opérations et faire cesser « les manœuvres politiques à leur encontre ».

Nous allons tout faire pour repavillonner l'Aquarius.

Sophie Beau, directrice générale de SOS Méditerrannée

(Avec AFP)

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