Pays-Bas / Espionnage

Les Pays-Bas expulsent quatre espions russes

Ce document distribué par le ministère néerlandais de la Défense le 4 octobre 2018 montre que quatre hommes arrivant de Moscou à l'aéroport Schiphol d'Amsterdam le 10 avril 2018, alors que les Pays-Bas ont expulsé 4 agents présumés russes en avril.
Ce document distribué par le ministère néerlandais de la Défense le 4 octobre 2018 montre que quatre hommes arrivant de Moscou à l'aéroport Schiphol d'Amsterdam le 10 avril 2018, alors que les Pays-Bas ont expulsé 4 agents présumés russes en avril. DUTCH DEFENSE MINISTRY / AFP

Les Pays-Bas ont expulsé quatre espions russes, annonce le gouvernement néerlandais ce jeudi 4 octobre.

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Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Ces révélations ont entraîné des réactions en cascade.

L'Otan dénonce à nouveau les immixtions russes dans les campagnes électorales des pays alliés, l'usage de la force contre les pays voisins et de vastes campagnes de désinformation.

Le Royaume-Uni accuse formellement le GRU d'avoir empoisonné les Skripal et le Canada, estime de son côté que ces mêmes services ont piraté son agence de lutte contre le dopage.

Dans le même temps, l'Union européenne et l'Australie ont publié des communiqués incendiaires pour dénoncer les cyber-attaques menées par la Russie.

Moscou a réagi en dénonçant des « une campagne de désinformation » et des contes pour enfants dignes d'Andersen, mais les informations fournies par les Pays-Bas semblent assez tangibles.

Le 10 avril dernier, quatre Russes munis de passeports diplomatiques atterrissent à l'aéroport d'Amsterdam Schiphol. Ils descendent dans un hôtel de La Haye proche du siège de l'OIAC, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. C'est dans cet hôtel qu'ils seront arrêtés sur instructions du MIVD les services de contre-espionnage bataves qui surveillaient les quatre hommes depuis leur atterrissage.

Expulsés vers la Russie, ils sont accusés de « tentative d'espionnage à distance rapprochée» selon la ministre néerlandaise de la Défense.

La voiture des quatre hommes était stationnée en face du siège de l'OIAC qui à ce moment-là se penchait sur le poison novitchok utilisé à Salisbury contre les Skripal ; ce véhicule était équipé d'appareils électroniques destinés capter le réseau wifi de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et de tenter de pénétrer dans ses serveurs informatiques.

Les Pays-Bas affirment avoir retrouvé dans le véhicule un reçu de taxi pour un trajet vers un aéroport moscovite au départ du siège du GRU, les services de renseignements de l'armée russe. Un ordinateur en leur possession contenait par ailleurs des informations sur le vol MH17 abattu au-dessus de l'Ukraine.

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