Crimée

Kertch: les interrogations de la presse russe autour du «Columbine de Crimée»

Un mémorial de fortune a été érigé non loin des lieux du drame, à Kertch.
Un mémorial de fortune a été érigé non loin des lieux du drame, à Kertch. REUTERS/Pavel Rebrov
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au lendemain de la fusillade dans un lycée professionnel qui a endeuillé la ville de Kertch en Crimée, la presse russe revient sur cette tragédie et s'interroge sur les raisons de ce drame qui a fait 20 morts et près de 40 blessés. Selon Vladimir Poutine, cette tuerie de masse est « le résultat de la mondialisation » et des « réseaux sociaux et internet ».

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Avec notre correspondant à Moscou, Jean-Didier Revoin

Vedomosti n'hésite pas à parler de ce qui passera certainement à la postérité comme le « Columbine de Crimée », du nom de la tragédie qui avait endeuillé un collège du Colorado en 1999. Le quotidien estime ensuite que la réaction très rapide des autorités a démontré qu'elles étaient complètement en mesure de garantir la sécurité sur la péninsule.

Pour un ancien gradé des services de sécurité la requalification de la fusillade en meurtre de masse et non pas en acte terroriste a permis de ne pas donner libre cours aux pires spéculations sur les relations russo-ukrainiennes.

Le site RBK se demande pour sa part comment ce carnage a été possible et conclut que l'auteur de la fusillade s'est procuré une arme dans la plus stricte légalité, s'interrogeant sur la façon dont l'alerte avait été transmise aux services de sécurité de l'établissement au moment du drame.

Recherche de complicités

Dans les colonnes de Moskovski Komsomolets, des habitants de Kertch se demandent comment ce jeune homme, certes déprimé, a pu commettre un tel acte seul, sans complices.

Une thèse que le Premier ministre de Crimée Sergueï Aksionov semble valider, précisant à l'agence Interfax que le but de l'enquête était de savoir si quelqu'un l'avait préparé pour l'attaque qu'il a perpétrée seul et, dans l'affirmative, qui cela peut-il être.


Poutine blâme la « mondialisation »

Pour le président russe Vladimir Poutine, ce meurtre de masse a en tous cas une explication : la mondialisation et l’influence des réseaux sociaux.

Avec notre envoyé spécial à Kertch,  Daniel Vallot

Sochi se trouve à moins de 500 kilomètres de Kertch, et pourtant Vladimir Poutine n’a pas jugé nécessaire de se rendre sur les lieux du drame. Et c’est donc depuis le Forum économique de Valdaï, où il est invité tous les ans, que le président russe s’est exprimé sur les causes de la tuerie.

« Cette tragédie est la conséquence de la mondialisation. Sur les réseaux sociaux, sur internet, des communautés entières sont créées. Tout a commencé avec les évènements tragiques et bien connus qui se sont déroulés dans les écoles aux Etats-Unis – de jeunes gens psychologiquement instables se créent des héros virtuels. Cela veut dire que nous n’apportons pas de contenus utiles et intéressants pour les jeunes. Ils se forgent des substituts d’héroïsme et cela débouche sur ce genre de tragédie », a-t-il déclaré.

Pour l’heure, cependant, rien de tangible ne permet d’expliquer le geste de Vladislav Roslyakov et de comprendre ce qui a pu le pousser à tirer à l’aveugle, sur ses camarades de classe et sur plusieurs enseignants.

 

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