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Union européenne

La Commission européenne rejette le budget italien, une première

Le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici et le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis, le 23 octobre à Strasbourg.
Le commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici et le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis, le 23 octobre à Strasbourg. REUTERS/Vincent Kessler
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La Commission européenne a rejeté ce mardi 23 octobre le projet de budget de l'Italie pour l'année 2019. Les réponses italiennes aux préoccupations de la Commission ont été jugées insatisfaisantes.

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La promesse du gouvernement italien de contenir sa dette publique n’a pas suffi à la Commission européenne. Celle-ci estime que les précisions apportées par l’Italie n’ont pas répondu à ses préoccupations et que la trajectoire budgétaire n’est conforme ni aux engagements pris par l’Italie ni aux résolutions communes des membres de la zone euro, indique notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

La dette publique de l’Italie est la plus importante après celle de la Grèce, à plus de 131 % du PIB, soit plus du double de la limite autorisée et la Commission considère que la hausse prévue des dépenses publiques ne laissera aucune marge de manœuvre. L’Italie a, selon elle, déjà bénéficié de suffisamment de flexibilité pour ses déficits depuis 2015.

Alors que le précédent gouvernement de centre gauche avait promis un déficit public de 0,8 % du PIB en 2019, Rome prévoit désormais d'atteindre 2,4 % l'an prochain, puis 2,1 % en 2020 et 1,8 % en 2021. Le gouvernement italien « va ouvertement, consciemment à l'encontre des engagements pris », a déclaré le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis.

Un sentiment partagé par le commissaire européen aux Affaires économiques. « La dette publique est l'ennemie de l'économie. C'est aussi l'ennemie des peuples européens, a ainsi affirmé Pierre Moscovici dans une conférence de presse. En 2017, les intérêts de la dette, ce qu'il s'agit de rembourser, représentaient 65 milliards d'euros. C'est très exactement le budget de l'Education. C'est un peu plus de 1 000 euros par personne payés chaque année. Réduire cette montagne de dettes doit donc être une priorité stratégique pour l'Italie. »

Trois semaines pour revoir sa copie

Pour la première fois depuis qu’elle a commencé des examens de ce type sur les plans budgétaires nationaux il y a six ans, la Commission européenne a donc rejeté les projets italiens et lui demande de soumettre de nouveaux projets.

« Ce n'est pas une bonne chose pour les Italiens, estime l'eurodéputée Mercedes Bresso, membre du Parti démocrate italien. Je crois vraiment qu'il faut que mon pays accepte de négocier, qu'il accepte le fait qu'on est dans une grande communauté dans laquelle il faut respecter les règles. Parfois on peut faire des écarts, mais il faut aussi négocier les écarts. »

Pour le président du Parlement européen, membre fondateurs de Forza Italia, Antonio Tajani, également, le gouvernement italien va clairement dans la mauvaise direction.

Où va l'Italie : vers la guerre avec tout le monde ?

Antonio Tajani, président du Parlement européen

L’Italie dispose de trois semaines, c’est-à-dire jusqu’au 13 novembre, pour présenter un texte révisé. Reste à voir si ce rejet marque le lancement d’un dialogue ou celui d’un bras de fer.

Les dirigeants italiens inflexibles

A Rome, les chefs de file de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (populiste), qui forment la coalition gouvernementale, ne semblent pas vouloir changer une seule décimale de leurs comptes. Pas le moins du monde impressionnés d’être le premier gouvernement de la zone euro à rater son examen budgétaire du premier coup, ils sont prêts à la guerre, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Tréca. Et sortent leurs munitions. « Ils ne sont pas en train de s'attaquer à un gouvernement, mais à un peuple », a déclaré le ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue Matteo Salvini. « On ne s’arrêtera pas », lance de son côté Luigi Di Maio, chef de file du M5S.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte avait bien laissé entendre qu’il voulait négocier certaines dépenses à Bruxelles, mais que vaut sa parole ? Son pouvoir dépend entièrement de la bonne volonté des deux chefs des partis de la coalition. Salvini et Di Maio, deux eurosceptiques, souverainistes, sont convaincus qu’ils ont tout à gagner politiquement d’un clash avec l’Union européenne. Avec leur « budget du peuple », les deux hommes sont déjà en campagne électorale pour les élections européennes du printemps. Du bras de fer avec Bruxelles ils font un slogan électoral.

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