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Allemagne

Allemagne: Angela Merkel organise la fin de sa carrière politique

La chancelière allemande Angela Merkel s'est exprimée en conférence de presse depuis Berlin, le 29 octobre 2018.
La chancelière allemande Angela Merkel s'est exprimée en conférence de presse depuis Berlin, le 29 octobre 2018. REUTERS/Hannibal Hanschke
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après un nouveau vote sanction pour la coalition gouvernementale aux élections régionales, la chancelière allemande a annoncé ce lundi 29 octobre qu'elle ne se représentera pas à la fin de son mandat et qu'elle renoncera à la présidence de son parti en décembre.

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C'est d'abord lors d'une réunion des instances dirigeantes de l'Union démocrate-chrétienne (CDU) qu'Angela Merkel a fait ces annonces, avant de les confirmer quelques heures plus tard devant la presse.

La chancelière ne compte pas partir en cours de route, mais son quatrième mandat sera bien son dernier, même en cas d'élection anticipée avant cette date, assure-t-elle. Elle promet également de ne pas briguer d'autre fonction politique après 2021, y compris au niveau européen.

La chancelière allemande au pouvoir depuis 2005 a par ailleurs annoncé son départ de la tête de son parti de centre droit qu'elle dirige depuis 18 ans. A ce sujet, Angela Merkel précise qu'elle ne choisira pas de successeur. Même si en filigrane, la secrétaire générale de la CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche de la chancelière, a déjà fait part de son intention de lui succéder, selon plusieurs agences de presse citant des sources au sein du parti.

« Tourner la page »

Affirmant avoir pris sa décision avant les vacances parlementaires cet été, elle a dit assumer la responsabilité des revers électoraux de ces derniers mois, reconnaissant que le gouvernement avait perdu de sa crédibilité, et promettant de réévaluer le bilan de sa coalition gouvernementale à mi-mandat.

« Je crois que nous avons besoin de tourner la page », a-t-elle ajouté, alors que les alliés de sa « Grande Coalition » ont essuyé à quinze jours d'intervalle de sérieux revers électoraux aux scrutins régionaux en Bavière puis dans le Land de Hesse.

(avec Reuters et AFP)


ANALYSE

Le pari d'Angela Merkel

Avec notre correspondant à Berlin Pascal Thibaut

La très pragmatique Angela Merkel a reconnu elle-même qu’elle prenait un risque. La tradition politique, et c’était aussi la position de la chancelière jusqu’à aujourd’hui, veut que la cheffe du gouvernement dirige en même temps la CDU. En renonçant à cette présidence début décembre, Angela Merkel abandonne un peu de son pouvoir.

Dans le pire des cas, son successeur à la tête du parti chrétien-démocrate pourrait ne pas être un fidèle et lui compliquer encore un peu plus les choses. Un rival qu’Angela Merkel avait mis sur la touche avant de devenir chancelière serait candidat. Leurs relations sont des plus mauvaises.

La chancelière peut aussi par son pari permettre à un successeur d’incarner un renouveau, de s’émanciper de l’héritage des 18 années Merkel qui ont profondément transformé la CDU et de lui donner un nouveau programme d’ici les élections de 2021.

Enfin, le nouveau président ou la nouvelle présidente de la CDU qui mène la campagne du parti pour les législatives peut installer son pouvoir, accroître sa notoriété. Car avec un score dans les sondages de 25%, du jamais vu depuis la guerre, la CDU doit à tout prix reprendre des couleurs.

A l’heure où la grande coalition et le gouvernement Merkel sont des plus impopulaires, avoir une direction nouvelle moins identifiée au pouvoir peut être un atout. La chancelière n’est pas sûre de gagner son pari.

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