Royaume-Uni

Brexit: le projet d'accord est «le meilleur pour mon pays» selon Theresa May

Theresa May quittant la conférence de presse donnée à Londres jeudi 15 novembre.
Theresa May quittant la conférence de presse donnée à Londres jeudi 15 novembre. Matt Dunham/Pool via Reuters

Lors d'une conférence de presse donnée en fin de journée au 10, Downing Street, la Première ministre britannique a promis de se battre pour faire adopter son projet d'accord sur le Brexit. Ce texte négocié par Theresa May a provoqué jeudi une crise politique à Londres, avec la démission de plusieurs ministres et le déclenchement par les députés conservateurs eurosceptiques d'une procédure en vue d'un vote de défiance.

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La Première ministre britannique Theresa May a affirmé que le projet d'accord de Brexit conclu avec l'Union européenne était « le meilleur » possible pour le Royaume-Uni, et qu'elle comptait le mener à bien, lors d'une conférence de presse jeudi à Downing Street.

« Je crois, avec chaque fibre de mon être, que le chemin que j'ai suivi est le meilleur pour mon pays », a déclaré Mme May, répétant qu'elle agissait dans l'intérêt national, « pas dans un intérêt partisan et certainement pas dans mon intérêt politique ».

« Oui »

« Est-ce que je vais le mener à bien? Oui », a-t-elle ajouté, après avoir essuyé la démission de quatre membres de son gouvernement dans la journée et une initiative pour organiser un vote de défiance de la part de députés de son Parti conservateur, mécontents en particulier de la manière dont la question de la frontière irlandaise a été réglée.

Le projet d'accord prévoit un « filet de sécurité » (« backstop » en anglais), solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE ainsi qu'un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois prévue après le Brexit, le 29 mars 2019.

« Bonnes décisions »

Face au chaos dans son parti, Mme May a souligné que « diriger consiste à prendre les bonnes décisions, pas les décisions faciles ». « Il n'y a pas d'accord qui pourra être agréé par l'UE sans backstop pour l'Irlande du Nord afin d'empêcher le retour aux frontières du passé », a-t-elle insisté.

Mme May a par ailleurs exclu l'organisation d'un second référendum sur le Brexit à son initiative. « En ce que me concerne, il n'y aura pas de second référendum », a-t-elle dit, après avoir plus tôt, devant les députés britanniques, laissé planer la menace d'un retour en arrière sur le Brexit si le Parlement n'appuyait pas le projet d'accord de divorce conclu mardi avec l'Union européenne.


Débats houleux au Parlement

Avant sa conférence de presse, Teresa May a affronté 3 heures de débats dans une ambiance électrique à la Chambre des communes. A plusieurs reprises, les appels à la démission de la Première ministre ont résonné au palais de Westminster. « Le Royaume-Uni ne doit pas devenir un état vassal de l'Union européenne » a martelé Nigel Dodds, du petit parti nord-irlandais unioniste DUP, allié indispensable à la majorité conservatrice.

« Le gouvernement est en plein chaos », a résumé le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn qui a laissé entendre que son parti ne voterait pas le texte. Même sur les bancs conservateurs, les critiques n’ont pas manqué : « Ce n'est pas l'accord promis », a enchaîné la députée conservatrice Anna Soubry, favorable au maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Son collègue, Andrew Bridgen, a appelé Theresa May à démissionner « dans l'intérêt national ».

Dans ce contexte, et même si Teresa May parvient à échapper au vote de défiance, l’accord qu’elle a âprement négocié avec Bruxelles a de fortes chances d’être recalé au Parlement.

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