Brexit / Royaume-Uni

Brexit: Theresa May sous la menace d'un vote de défiance

Theresa May quittant le 10, Downing Street, le 15 novembre 2018.
Theresa May quittant le 10, Downing Street, le 15 novembre 2018. REUTERS/Peter Nicholls

Après une journée de chaos et de démissions en rafale dans le gouvernement britannique, la Première ministre s’accroche à son poste et fait vœu d’aller jusqu’au bout pour imposer son accord de Brexit. Mais Theresa May est désormais sous la menace d’une motion de défiance fomentée par un groupe « brexiters » ultra au sein de son parti.

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La presse, ce vendredi 16 novembre au matin, est formelle, après cette journée « dramatique », que le Times qualifie même de « film d’horreur » : le sort de Theresa May à Downing Street ne tient plus désormais qu’à un fil alors que de nombreux députés de son propre camp réclament son départ, relate notre correspondante à Londres, Murielle Delcroix.

Le Telegraph dit s’attendre à une nouvelle journée de démissions au sein de son gouvernement qui pourrait rendre la position de la dirigeante intenable. Le Guardian affirme que le sort de plusieurs ministres-clé reste en suspens, notamment celui de Michael Gove, le ministre de l’Environnement : Theresa May lui a proposé jeudi de reprendre le poste de ministre du Brexit après le départ de Dominic Raab.

Mais Michael Gove, l’un des leaders de la campagne pour sortir de l’UE, aurait refusé l’offre car il n’aurait pas pu comme il le demandait retourner à Bruxelles afin de renégocier l’accord de retrait. Le ministre hésiterait, selon les médias, à abandonner à son tour le navire.

Motion de défiance

La locataire du 10, Downing Street est aussi sous la menace d’une motion de défiance. Après le coup d’éclat du député « brexiter » Jacob Rees-Mogg qui a à son tour envoyé une lettre pour provoquer ce vote, on sait que plusieurs députés lui ont emboîté le pas mais on ne sait pas si le nombre fatidique de 48 lettres a été atteint. Si c’était le cas, les rebelles pourraient tenter de faire tomber Theresa May en quelques jours.

Mais les conservateurs sont divisés sur ce vote de défiance car un Premier ministre « brexiter » rencontrerait les mêmes problèmes que Theresa May : l’UE n’entend pas modifier l’accord négocié et un nouveau dirigeant n’obtiendra rien de plus.

Et si les « brexiters » proposent alors une sortie sans accord, cette fois c’est très probablement le Parlement britannique qui s’y opposera alors qu’une majorité de députés estime que ce serait catastrophique pour le pays. L’impasse est donc totale actuellement et pendant ce temps Theresa May va continuer à défendre son accord : elle répondra ce matin sur la radio populaire LBC à toutes les questions que se posent les auditeurs sur le sort du Brexit et elles risquent d’être nombreuses…


 ■ Vote de défiance : mode d'emploi

Pour obtenir un vote de défiance contre Theresa May, il faut que 48 députés conservateurs en fassent la demande par écrit. Ce seuil pourrait être atteint dans la journée, selon plusieurs médias britanniques. 

Pour renverser la Première ministre, la faire quitter son poste de chef du Parti conservateur et par là-même de chef du gouvernement, les députés Tories doivent réunir une majorité. Sachant qu’ils sont 315, il faut 159 voix, c’est-à-dire la moitié des députés du parti, plus un pour que leur plan réussisse.

Si tel était le cas, le départ de Teresa May ouvrirait la voie à une compétition interne pour la tête du Parti conservateur. Les noms de Boris Johnson, Dominic Raab, David Davis ont déjà circulé, mais dans un parti très divisé, rien ne dit que les participants pourront s’entendre sur une candidature unique. Le processus de désignation pourrait alors prendre des jours voire des semaines. Or, à quartre mois du départ officiel du Royaume-Uni de l’Union européenne, le temps presse.

Deuxième scénario : les frondeurs ne réunissent pas le nombre de voix nécessaires pour renverser Theresa May. Elle reste alors à son poste et peut même en ressortir renforcée. Mais pour combien de temps ? En effet, à moins d’un retournement radical de la situation, l’accord qu’elle a conclu en début de semaine avec l’Union européenne a de fortes chances d’être rejeté au Parlement au début du mois prochain.

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