Accéder au contenu principal
Turquie / Droits de l'homme

Turquie: une journaliste victime d'une violente campagne de dénigrement

La journaliste franco-turque Mine Kirikkanat, ici en septembre 2018, a reçu une dizaine de menaces de mort.
La journaliste franco-turque Mine Kirikkanat, ici en septembre 2018, a reçu une dizaine de menaces de mort. BULENT KILIC / AFP
Texte par : RFI Suivre
2 mn

En Turquie, une journaliste du quotidien d'opposition Cumhuriyet est la cible depuis près de deux semaines d'une violente campagne de dénigrement de la part de la presse religieuse et conservatrice. Mine Kirikkanat, journaliste franco-turque, avait affirmé qu'Atatürk, le fondateur de la république turque, était son « idole ». Une insulte à l'islam pour certains ultra-conservateurs. Résultat, la journaliste a reçu depuis dix jours une dizaine de menaces de mort.

Publicité

Avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

Tout a commencé lorsque Mine Kirikkanat, militante radicale de la laïcité à la turque et éditorialiste à Cumhuriyet, a déclaré sur une télévision de l'opposition qu'elle « adorait » Atatürk. Pour exprimer dit-elle son ras-le-bol de la stigmatisation des milieux laïcs et kémalistes par le pouvoir turc. Conséquence : la presse conservatrice s'est déchaînée contre elle.

« C'était une levée de boucliers qui me mettait vraiment comme cible, qui disait que j'avais mis Atatürk à la place d'Allah, raconte la journaliste. Un lynchage tellement énorme qui dure, ça fait maintenant dix jours. J'ai compté une dizaine de menaces de mort, il y en a deux que l'on prend très, très au sérieux ».

Son quotidienla soutient et la Fédération européenne des journalistes a condamné les menaces contre elle. Mine Kirikkanat a lancé des procédures judiciaires, mais elle n'est pas très optimiste sur les chances de succès devant les tribunaux.

« Pour l'instant on a déposé plainte, mais on a aucun espoir que ça n'aboutisse à quelque chose. C'est pour laisser une place dans l'histoire, au cas où il se passerait un attentat, explique-t-elle. Si je fais reculer cette presse qui me lynche, il y a de l'espoir. S'ils continuent à s'acharner, je ne suis pas suicidaire, bien sûr que je vais partir. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.