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Union européenne / Chine

Cybersécurité: l’UE doit «s’inquiéter» du géant chinois des télécoms Huawei

Le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip, à Paris, le 12 novembre 2018.
Le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip, à Paris, le 12 novembre 2018. REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Après l'arrestation de la directrice financière du géant des télécoms chinois Huawei,  le vice-président de la Commission européenne alerte sur un risque sécuritaire en Europe concernant Huawei mais aussi d'autres entreprises chinoises.

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« Faut-il s'inquiéter de Huawei ou d'autres entreprises chinoises  ? Oui, je pense qu'il faut s'inquiéter », car ces entreprises sont, selon Andrus Ansip, contraintes de « coopérer avec leurs services de renseignement », a déclaré M. Ansip lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

« Ce n'est pas bon signe quand les entreprises doivent ouvrir leurs systèmes à des services secrets », a-t-il poursuivi, affirmant que ces groupes construisaient des puces « pour obtenir quelques-uns de nos secrets ».

Huawei vient de subir un coup dur avec l'arrestation au Canada de sa directrice financière et fille du fondateur, à la demande des Etats-Unis. Les autorités américaines soupçonneraient officiellement le géant chinois d'avoir exporté des produits vers l’Iran et d'autres pays visés par des sanctions américaines, mais officieusement, le groupe de téléphonie est aussi soupçonné par Washington d'être un agent sous couverture du pouvoir chinois.

La société chinoise est sous surveillance depuis longtemps et plusieurs de ses tentatives d'entrer sur le marché américain des télécoms ont échoué depuis 2007. Une loi fédérale interdit aux responsables gouvernementaux et militaires d'utiliser des appareils construits par Huawei et ses liens supposés avec le Parti communiste chinois sont souvent mis en avant.

Washington a également lancé une vaste campagne auprès de pays alliés pour dissuader leurs entreprises d'utiliser les équipements du groupe chinois. Plusieurs pays ont fermé la porte à Huawei, comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande et des médias japonais rapportent vendredi que Tokyo va interdire l'utilisation d'équipements du groupe chinois par son administration.

Huawei a toujours assuré de son indépendance et affirmé qu'elle n'avait jamais utilisé ses équipements pour espionner ou saboter les communications dans les pays où ils sont utilisés. Ce vendredi, dans un communiqué, le Chinois s'est dit « surpris et déçu » des inquiétudes exprimées par le commissaire européen.

Outre Huawei, d'autres sociétés chinoises ou leurs filiales asiatiques sont accusées d'espionnage économique par la justice américaine.


La dirigeante de Huawei devant la justice canadienne

Whanzhou Meng, 46 ans, faisait escale quelques heures au Canada quand les douaniers l'ont interceptée. Ils agissaient pour le compte des autorités américaines qui accusent la fille du fondateur de Huawei de fraudes. Elle comparaissait ce vendredi pour une première audience de remise en liberté sous caution devant un tribunal de Vancouver, ville où elle a été arrêtée le 1er décembre.

Avec notre correspondante à Québec, Pascale Guéricolas

Selon les informations qui ressortent de l'audience judiciaire, Whanzhou Meng, la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei, aurait eu recours à une filiale, Skycom Tech, pour éviter les sanctions américaines contre l'Iran pendant 5 ans. Voilà pourquoi les autorités des Etats-Unis ont demandé à leur allié et voisin du Nord de l'arrêter et que son extradition est réclamée.

Selon plusieurs analystes, une telle arrestation dans un pays tiers n'a rien d'habituel. Généralement ce sont les barons de la drogue ou des trafiquants d'armes qui font l'objet de telles procédures.

Le Premier ministre canadien marche sur des oeufs avec cette affaire. L'opposition lui reproche en effet de ne pas protéger suffisamment le Canada des produits de télécommunications fabriqués par Huawei.

Des alliés canadiens comme les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande accusent cette entreprise très proche du pouvoir chinois de cyber-espionnage. Le géant des télécommunications offre en effet une nouvelle technologie, le réseau 5G, dont la sécurité aurait des failles.

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