Grèce

Nouveau nom pour la Macédoine: crise au gouvernement d’Alexis Tsipras

L'ex-ministre grec de la Défense Panos Kammenos (notre photo): «Nous ferons tout pour bloquer la ratification de l'accord de Prespes».
L'ex-ministre grec de la Défense Panos Kammenos (notre photo): «Nous ferons tout pour bloquer la ratification de l'accord de Prespes». THIERRY CHARLIER / AFP

En Grèce, le nouveau nom de la Macédoine, « la République de Macédoine du Nord », provoque une crise au gouvernement d’Alexis Tsipras. Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a annoncé ce matin sa démission et le Premier ministre Alexis Tsipras va demander la confiance au Parlement.

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Après une quarantaine de minutes, rapporte notre correspondante à Athènes, Charlotte Stiévenard, Panos Kammenos, le leader du Parti souverainiste des Grecs indépendants (Anel) est sorti du palais Massimo pour annoncer sa décision. Devant les grilles, il a expliqué qu’il refuse l’accord de Prespes qui prévoit que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine s’appelle désormais « Macédoine du Nord ».

Pas une surprise

C’est loin d’être une surprise. Ces derniers mois, il avait exprimé sa position à de nombreuses reprises. Toujours devant le palais Massimo, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a aussi déclaré qu’il accepte sa démission et celle de tous les ministres qui pourraient en déposer une. Il s’est montré confiant sur l’avenir de son gouvernement, alors que des élections législatives sont prévues à l’automne.

Vote de confiance

Prochaine étape : le vote de confiance qui doit avoir lieu cette semaine au Parlement. Selon l'agence de presse ANA (semi-officielle), les débats sur un vote de confiance pourraient commencer dès mardi et s'achever jeudi. De leur côté, les députés macédoniens ont accepté, vendredi, à la majorité des deux tiers requise, de rebaptiser leur pays en « République de Macédoine du Nord ».


L'opinion publique divisée sur la question

La crise gouvernementale en Grèce reflète les divisions de l’opinion publique sur cette question. Explications de Joëlle Dalègre, historienne et enseignante à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

« L’opinion est toujours aussi divisée entre ceux qui finalement sont prêts à accepter que la République de Macédoine mette quand même le mot " Macédoine " dans son nom, que ce soit Macédoine d’en haut, d’en bas, de droite, de gauche, etc. Et ceux qui continuent à dire : non, pas question, pas Macédoine du tout. Et Kammenos fait partie de ceux qui ont toujours dit qu’il ne fallait pas mettre même " Macédoine du Nord " parce que finalement, très vite on oublierait " du Nord " et on dirait " Macédoine ". Il y a une partie de l’opinion qui continue à ne pas avoir confiance, à soupçonner la République de Macédoine d’un tas d’horribles choses et donc a refusé. Kammenos vient de dire que, lui, demandait que la question soit résolue par un référendum. Alors ça, on pense que Tsipras va essayer de l’éviter à tout prix. L’opinion est divisée, donc je suis vraiment incapable de savoir qui l’emporterait en définitive. »

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