Brexit / Union européenne

L’UE douche l’espoir de May d’obtenir les concessions voulues par les Communes

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (g.) aux côtés du négociateur en chef des Vingt-Sept, Michel Barnier, en session plénière, ce mercredi 30 janvier 2019, à Bruxelles. à Bruxelles.
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (g.) aux côtés du négociateur en chef des Vingt-Sept, Michel Barnier, en session plénière, ce mercredi 30 janvier 2019, à Bruxelles. à Bruxelles. REUTERS/Francois Lenoir

A Londres, les tractations politiques se poursuivent et se multiplient après le vote aux Communes de ce mardi soir des amendements pour demander une renégociation de l’accord de sortie en particulier au sujet du « filet de sécurité » (« backstop ») pour l’Irlande et pour exclure l’idée d’une sortie sans accord («  No Deal »). Les députés européens ont tenu un débat sur l’état de jeu du Brexit lors de leur session plénière de Bruxelles ce mercredi en présence à la fois de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne et de Michel Barnier, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit. A l’issue de ce débat, les perspectives pour Theresa May d’obtenir de l’Union européenne les concessions juridiquement contraignantes exigées par les amendements des Communes semblent bien faibles.

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Avec notre bureau à Bruxelles,

Dans leur grande majorité, les députés européens soutiennent l’idée qu’il n’y a aucune renégociation possible. L’Union européenne n’a pas l’intention d’utiliser le « filet de sécurité » pour l’Irlande, affirme Michel Barnier, pas plus que le souscripteur d’une assurance incendie pourrait espérer l’utiliser un jour.

La douche froide

Mais pour le négociateur en chef, l’UE ne peut envisager l’avenir sans assurance et le « filet de sécurité » ne sera pas modifié d’un iota. En tout cas tant qu’une solution alternative crédible n’aura pas été trouvée. Pour rappel le « filet de sécurité » pour l’Irlande n’a été inventé que parce qu’aucune alternative n’avait émergé pour garantir le maintien d’une frontière ouverte en Irlande.

C’est donc une douche froide pour les espoirs éventuels de Theresa May d’obtenir les concessions demandées par la Chambre des communes. D’autant plus, comme l’ont rappelé les députés européens, qu’elle a fait des demandes similaires à plusieurs reprises déjà avec toujours un refus identique et unanime.

Risque accru d'absence d'accord

Et pour le président de la Commission européenne, le vote des Communes renforce le risque d’une sortie sans accord. Jean-Claude Juncker : « Nous devons continuer à tout faire pour nous préparer à tous les scénarios, y compris le pire. Et ces dernières semaines, nous avons accéléré nos préparations. J’ai envoyé une équipe dans chaque capitale pour aider les Etats membres à être prêts »

En préparation d’une sortie du Royaume-Uni sans accord, dix-huit propositions législatives sont déjà sur la table avec, par exemple, des dispositifs pour préserver la sécurité sociale, le budget européen ou encore le programme Erasmus.

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