Royaume-Uni / Brexit

Les députés votent pour un report du Brexit pour éviter un «no deal»

Les députés britanniques lors de la session de vote de l'amendement pour demander un report du Brexit, le 3 avril 2019.
Les députés britanniques lors de la session de vote de l'amendement pour demander un report du Brexit, le 3 avril 2019. Reuters TV via REUTERS

Au Royaume-Uni, la Chambre des communes a adopté, mercredi soir 4 avril, un amendement demandant à la Première ministre Theresa May d’obtenir un report du Brexit afin d’éviter le risque d’une sortie de l’Union européenne sans accord le 12 avril.

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La proposition de loi a été adoptée par 313 voix contre 312, mercredi soir par les députés britanniques. L’amendement vise à forcer la Première ministre Theresa May à demander un report de la date du Brexit au-delà de la date butoir du 12 avril pour éviter le risque d’une sortie de l’Union européenne sans accord.

L’accord de divorce conclu fin novembre entre Londres et Bruxelles ayant déjà été rejeté trois fois par les députés, il s’agissait ainsi d’empêcher une sortie du Royaume-Uni « chaotique » et « dommageable » de l’UE, a expliqué la députée travailliste qui a présenté cette proposition.

C’est désormais à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique de se prononcer. L’examen est prévu ce jeudi. Et la demande de report devra ensuite être approuvée par les dirigeants de l’UE.

L'Union européenne flexible ?

Plus tôt dans la journée, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait prévenu que l'UE n'accorderait pas de délai supplémentaire pour la date du Brexit si le Parlement britannique ne ratifiait pas d'ici le 12 avril l'accord de retrait négocié par Theresa May avec Bruxelles. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a également déclaré qu'il n'existait « absolument aucune raison » pour l'instant qui justifie d'accorder au Royaume-Uni un nouveau report. Mais la réponse de Bruxelles n'est peut-être pas si tranchée.

Le président de la Commission européenne évoque désormais expressément un « no deal », une sortie sans accord le 12 avril à minuit. C’est devenu pour Jean-Claude Juncker un scénario très probable, car la seule alternative serait une ratification par la Chambre des communes de l’accord de sortie d’ici cette date.

Il existe cependant des motifs qui pourraient pousser les Européens à accorder un nouveau report, analyse notre bureau à Bruxelles. C’est en tout cas l’avis du Premier ministre irlandais Leo Varadkar. Il y a d’abord le fait que les Européens n’ont pas réellement fermé la porte à un compromis et, en l’absence d’un accord de sortie, ils pourraient se satisfaire du projet d’union douanière porté par les travaillistes. Il y a ensuite que les Européens ne veulent en aucun cas prendre le risque d’apparaître responsables d’un échec ou d’avoir poussé le Royaume-Uni vers la sortie.

Reste maintenant à voir qui va prévaloir entre ceux qui veulent se battre pour un accord jusqu’à la dernière minute comme la chancelière allemande et ceux qui craignent que la poursuite des tractations du Brexit vienne polluer la campagne des élections européennes comme Emmanuel Macron, qui ne veut pas que l’Europe soit l’otage de la crise politique britannique.

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