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Europe

Roms: un combat inlassable contre les violences et les préjugés

Une jeune femme dans un camp de Roms, près de Rome, le 7 février 2011.
Une jeune femme dans un camp de Roms, près de Rome, le 7 février 2011. ANDREAS SOLARO / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La journée internationale des Roms, ce 8 avril 2019, intervient cette année dans un contexte de violences à l'égard de cette communauté souvent mal connue.

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Le 27 mars 2019, en région parisienne, un camp de Roms a été visé par une expédition punitive, après des rumeurs d'enlèvements d'enfants, sur les réseaux sociaux.

« Le plus inquiétant est [d'une part] le fait que ces rumeurs complètement infondées puissent entraîner de telles agressions - on en a recensé presque une trentaine -, explique Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'homme et membre du collectif Romeurope. Mais [il y a aussi] de l’autre côté, la réaction à la fois de l’opinion publique et des pouvoirs publics qui n’est pas à la dimension de ces actes de racisme insupportables, intolérables. »

 → Écouter aussi : Olivier Peyroux: «Les clichés sur les Roms sont aujourd'hui réactivés»

Et ces faits de violences ne sont pas circonscrits à la France. La semaine dernière, en Italie, des Roms qui venaient d'être relogés ont été chassés par les habitants d'un quartier de la capitale.

Surenchère politique

Le Centre européen des droits des Roms, basé à Budapest pendant longtemps puis maintenant à Bruxelles, se bat pour que les membres de la communauté rom aient les mêmes droits que tous les citoyens de l'Union européenne. Un combat difficile à mener, notamment en période  préélectorale, quand les politiques jettent souvent de l'huile sur le feu.

« Le discours anti-Rom s’est toujours traduit par des succès électoraux, constate Jonathan Lee, le porte-parole du Centre européen des droits des Roms, appartenant lui-même à la communauté. Si on regarde des pays comme l’Italie, Matteo Salvini parle de nettoyer les rues de tous les Roms. Quand il s’agit de s’assurer des votes pour une élection, en particulier à la veille des Européennes, c’est la voie la plus sûre pour unir les patriotes contre les minorités et pour prendre le pouvoir. »

Mais les hommes politiques ne s'en tiennent pas toujours aux paroles. « Récemment, j’ai appris qu’en Bulgarie, un projet de loi propose de rendre l’avortement gratuit pour les femmes roms, dans une tentative de réduction de [cette] population », ajoute Jonathan Lee.

En France, les politiques publiques ne sont pas très tendres non plus à l'égard de cette comunnauté. « On avait obtenu en 2012 une circulaire du gouvernement pour que la résorption des bidonvilles soit engagée. Elle a été confirmée par le gouvernement actuel en 2018, par une nouvelle circulaire. Or, dans les faits, on ne respecte pas la circulaire qui disait pas d’expulsion sans solution, déplore Malik Salemkour. Et c’est cette mise en précarité constante qui amplifie ces discours et ces réalités de population qui ne veut pas s’intégrer. »

En France, les Roms seraient ainsi entre 15 000 et 20 000 à vivre dans des bidonvilles. Des solutions ? En finir avec ces semblants d'habitats, lutter contre les préjugés et aider cette population à s'insérer, avance le président de la Ligue des droits de l'homme. « Je rappelle qu’ils ne sont pas nomades, ce sont des gens sédentaires qui vivaient dans leur pays dans des maisons, dans des appartements. Il n’y a pas de question de nomadisme avec les Roms qui vivent en France. »

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