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Turquie

Turquie: Istanbul sous le choc de l'annulation des élections municipales

Ekrem Imamoglu (à g.), le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), avait remporté les élections municipales à Istanbul, le 31 mars dernier. Un scrutin annulé donc, en raison de 'fraudes' contestées.
Ekrem Imamoglu (à g.), le candidat du Parti républicain du peuple (CHP), avait remporté les élections municipales à Istanbul, le 31 mars dernier. Un scrutin annulé donc, en raison de 'fraudes' contestées. REUTERS/Huseyin Aldemir
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué mardi 7 mai l'annulation controversée de l'élection municipale à Istanbul remportée par l'opposition, estimant qu'il s'agissait de la « meilleure décision ». Le scrutin avait été remporté le 31 mars par le candidat commun de plusieurs partis d'opposition, Ekrem Imamoglu, mais le parti au pouvoir avait dénoncé des « irrégularités ».

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Avec notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

L'opposition a qualifié la décision du Haut conseil électoral de « putsch contre les urnes » mais annonce qu’elle participera au nouveau scrutin programmé le 23 juin prochain.

Dans les rues d’Istanbul, ses électeurs se partagent entre déception et colère. Assis devant son commerce de fruits secs, Hasan Bozoglu le reconnaît avec amertume : il ne s’attendait pas à ce que le Haut conseil électoral annule la victoire d’Ekrem Imamoglu, le candidat de l’opposition pour lequel il avait voté.

« Cela fait 70 ans que des élections libres ont lieu en Turquie et jusqu’ici, les perdants avaient toujours accepté leur défaite, estime le commerçant. C’était ce qu’il restait de plus précieux à notre démocratie. Là, je suis sous le choc, je ne comprends pas pourquoi le Haut conseil électoral a fait ça. Il n’aurait pas dû salir la légitimité de notre système électoral. Maintenant, comment les gens vont-ils avoir confiance ? A chaque nouvelle élection, il y aura toujours un soupçon. »

Seule l’élection du maire annulée

Aysel, une enseignante à la retraite, est elle aussi en colère. Pour elle, le plus incompréhensible est que les Stambouliotes avaient voté quatre fois le 31 mars : pour le maire de la ville, celui de leur arrondissement, celui de leur quartier et le conseil municipal. Mais seule l’élection du maire d’Istanbul a été annulée.

« Soit on annule tout, soit rien, non ? S’ils avaient tout annulé, j’aurais dit d'accord, il y a peut-être vraiment eu des irrégularités'. En fait, le pouvoir veut juste annuler l’élection qu’il a perdue. Mais j’en suis sûre, l’opposition va gagner à nouveau, parce que les gens sont en colère, nous sommes en train de perdre notre démocratie », assure-t-elle.

Une chose est sûre : Recep Tayyip Erdogan fera tout ce qu’il peut pour l’emporter le 23 juin, car une nouvelle défaite serait une catastrophe pour lui.

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