Turquie

PKK: Abdullah Öcalan appelle ses soutiens à cesser leur grève de la faim

Abdullah Öcalan représenté sur un drapeau, en 2018 à Istabul.
Abdullah Öcalan représenté sur un drapeau, en 2018 à Istabul. REUTERS/Murad Sezer/File Photo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

En Turquie, le chef historique de la rébellion kurde Abdullah Öcalan a appelé ce dimanche 26 mai à la fin d’une grève de la faim suivie par des milliers de prisonniers, qui protestaient contre les conditions de détention de leur leader, emprisonné depuis 20 ans. Malgré l’isolement quasi total auquel il est soumis, Abdullah Öcalan reste une figure essentielle pour les Kurdes, en Turquie mais aussi en Syrie. Que cherche Ankara en rompant son isolement ?

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Avec notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

Dans le message qu’il envoie par l’intermédiaire de ses avocats, le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan, Abdullah Öcalan, estime que les grèves de la faim ont « atteint leur objectif » et doivent cesser. C’est donc un appel clair aux quelque 3 000 détenus qui, depuis plus de six mois pour certains, avaient cessé de s’alimenter pour dénoncer les conditions de détention du leader kurde sur l’île-prison d’Imrali, en mer de Marmara.

Après huit années d’isolement et plus de 800 demandes de visite rejetées, les autorités turques ont laissé Abdullah Öcalan voir ses avocats deux fois depuis début mai. L’appel du chef du PKK implique qu’il a reçu des garanties que ces visites allaient se poursuivre, du moins dans l’avenir immédiat. Mais le fait que l’État turc - le président Recep Tayyip Erdogan, précisément - autorise ce retour d’Abdullah Öcalan dans le débat public suscite des interrogations sur les intentions des autorités.

S’agit-il simplement d’une opération séduction à l’approche d’élections municipales cruciales à Istanbul, où les électeurs kurdes vont jouer un rôle-clé ? Ou s’agit-il, aussi et surtout, d’un premier pas de la Turquie pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve face aux combattants kurdes en Syrie ? Plusieurs médias locaux font ainsi état de rencontres, ces dernières semaines, entre des agents des services de renseignement turcs et de hauts responsables kurdes syriens.

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