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Autriche

Autriche: le chancelier Sebastian Kurz renversé par une motion de censure

Sebastian Kurz est devenu le premier chancelier autrichien à être renversé par le Parlement. Ici à Vienne, le 27 mai 2019.
Sebastian Kurz est devenu le premier chancelier autrichien à être renversé par le Parlement. Ici à Vienne, le 27 mai 2019. REUTERS/Lisi Niesner
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été renversé ce lundi 27 mai par une motion de censure adoptée au Parlement par les principaux partis d'opposition, dix jours après le scandale de l'« Ibizagate » qui a fait voler sa coalition avec l'extrême droite.

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Plus jeune dirigeant d'Europe, Sebastian Kurz est également devenu ce lundi le premier chancelier autrichien à être renversé par une motion de censure et celui dont le mandat aura été le plus bref. Au pouvoir depuis octobre 2017, il a à son tour été emporté par la crise politique déclenchée par le scandale impliquant son ancien allié, le parti d'extrême droite FPÖ.

Le sort de Sebastian Kurz a été scellé par la décision du FPÖ de voter la défiance aux côtés des sociaux-démocrates du SPÖ, les deux formations cumulant une majorité de 103 au sein du Parlement qui en compte 183. « La motion de censure a été adoptée », a constaté la vice-présidente du Parlement à la suite d'une procédure de vote debout. Le parti d'extrême droite avait multiplié ces derniers jours les attaques contre le dirigeant qui l'avait écarté sans ménagement du gouvernement à la suite des révélations de l'« Ibizagate ».

Ce scandale a éclaté après la diffusion le 17 mai d'une vidéo tournée en caméra cachée en 2017 sur l'île espagnole d'Ibiza et montrant l'ex-chef du FPÖ Heinz-Christian Strache prêt à offrir à une fausse nièce d'un oligarque russe d'importants marchés publics en échange de financements illégaux. Après la démission de M. Strache de son poste de vice-chancelier, Sebastian Kurz avait mis fin à la coalition avec le FPÖ et convoqué des élections législatives anticipées, prévues pour septembre.

Le chancelier autrichien entendait se maintenir au pouvoir jusqu'à ces législatives. Il a reproché aux sociaux-démocrates et à l'extrême droite d'avoir formé « une coalition » pour le renverser. Ceux-ci lui ont à l'inverse reproché de vouloir gouverner seul, sans majorité. Selon un récent sondage, la majorité des Autrichiens restait favorable à son maintien à son poste.

Le chancelier Kurz n'a pas de majorité, donc il a été renversé par les sociaux-démocrates alliés aux Verts et alliés au FPÖ...

Patrick Moreau, chercheur au CNRS et à l'université de Strasbourg

Cette motion de censure intervient paradoxalement au lendemain des élections européennes qui ont vu le parti de Sebastian Kurz, l'ÖVP, réaliser le meilleur score jamais réalisé par un parti autrichien à un scrutin européen depuis l'adhésion du pays en 1995, avec un résultat compris entre 34,9 % et 35,4 % des suffrages selon les projections.

« En fait, la mobilisation qu'on a observée pour le chancelier Kurz lui promet un avenir qui chante, analyse Patrick Moreau. Tout le monde en Autriche, et les experts à l'extérieur aussi, pense que Kurz va gagner les élections en septembre. » Et pourquoi pas même arriver à réaliser cette fois une majorité avec le groupe des libéraux Neos.

(Avec AFP)

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