UE / France

Le Pen à Bruxelles pour tenter de monter un groupe nationaliste à Strasbourg

Marine Le Pen à Paris après les résultat des élections européenne, le 26 mai 2019. (Photo d'illustration)
Marine Le Pen à Paris après les résultat des élections européenne, le 26 mai 2019. (Photo d'illustration) REUTERS/Charles Platiau
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Marine Le Pen, présidente du parti Rassemblement national, est venue négocier en personne, ce mercredi 29 mai à Bruxelles, alors qu’elle n’est plus eurodéputée. La Française plaide pour la création d'un grand groupe des nationalistes européens au Parlement de Strasbourg, elle l'a promis pendant toute sa campagne.

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Avec notre envoyée spéciale en Belgique,  Anne Soetemondt

À Bruxelles, Marine Le Pen a multiplié les réunions ce mercredi 29mai. Pas évident de savoir ce qui se trame, l’heure étant pour l’instant à la négociation dans les coulisses entre partis plutôt qu'à la communication. Et pour cause, on en est aux prémices ; beaucoup de choses peuvent bouger dans les semaines à venir.

La députée française compte prolonger la mise en scène de son duel face à Emmanuel Macron, quelques heures après la tenue, dans la capitale belge aussi, d'un Conseil européen informel auquel a participé le chef de l'État. Ce dernier s'active en effet pour peser sur les nominations et la constitution des groupes.

Pour grossir les rangs du groupe originel dans lequel siège le RN, « Europe des nations et des libertés » (ENL), Marine Le Pen a donc fait le déplacement, alors qu'elle ne siègera plus à Strasbourg. La diplomatie, c’est pour la cheffe du parti, a-t-elle coutume de dire. Jordan Bardella, la tête de liste, n’est pas du voyage.

L'enjeu, pour le RN, arrivé en tête des élections européenne dimanche en France, c'est de convaincre de nouveaux arrivants, par exemple les 3 élus espagnols de Vox et les 11 élus allemands de l'AfD, de siéger dans son groupe avec le FPÖ autrichien et la Ligue italienne, pour former un « méga-groupe ».

Loin des gros partis européens

« Nous sommes en train de constituer, vous le savez, le "super groupe" qu’on vous avait annoncé, qui, d’ores et déjà, au moment où je vous parle, est composé de 77 députés. Nous espérons, bien entendu, à l’issue des négociations, pouvoir monter considérablement ce nombre », explique Marine Le Pen.

Attention toutefois : en réalité, le parti à la manœuvre est plutôt celui de Matteo Salvini, expliquait ce mercredi un participant, les Italiens ayant plus d’eurodéputés que le RN. Mais peu importe, Marine Le Pen joue ici la cheffe d’orchestre. Mardi, elle se montrait optimiste, évoquant un groupe d’au moins 77 eurodéputés.

Ce serait mieux que la délégation sortante, qui comprenait 58 élus. Mais on est pour l’instant loin d’un puissant groupe nationaliste continental. À titre de comparaison, le Parti populaire européenne (PPE, droite classique) pourrait décrocher près de 180 sièges dans la nouvelle enceinte. Il est pourtant affaibli.

Loin aussi d’un groupe qui unifierait vraiment les nationalistes, puisque les Polonais du PiS siègent avec le Parti conservateur britannique, à part, pour le moment, que le Fidesz hongrois est encore membre du PPE, et que d'autres siègent dans le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFD).

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