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Espagne

Espagne: la Cour suprême suspend l’exhumation de la dépouille de Franco

En mars 2019, les autorités avaient annoncé que les restes de Franco allaient être exhumés du Valle de los Caidos pour être transférés au cimetière d'El Pardo.
En mars 2019, les autorités avaient annoncé que les restes de Franco allaient être exhumés du Valle de los Caidos pour être transférés au cimetière d'El Pardo. Wikipedia commons/Pablo Forcén Soler
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La Cour suprême suspend à titre conservatoire l'exhumation des restes du dictateur  Francisco Franco prévue le 10 juin, le temps que le recours en justice de la famille puisse être examiné sur le fond. Cette suspension a pour but, selon la Cour, d'éviter le « préjudice » qui pourrait être causé aux descendants du dictateur, mais aussi à l'État, si leur recours était in fine accepté. Cette décision illustre le difficile et douloureux travail de mémoire de l’Espagne.

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El Valle de los Caïdos, littéralement « la vallée de ceux qui sont tombés au combat » pendant la guerre civile, est un monument commandé par le général Franco pour rendre hommage aux combattants nationalistes morts pendant la guerre d'Espagne. Ce monument, une basilique surmontée d'une croix de 150 mètres de haut, a été construit par des milliers de prisonniers politiques dans les années 1940 et 1950. Quelque 27 000 combattants « nationalistes » qui se battaient sous les ordres de Franco y ont été enterrés, ainsi que quelque 10 000 soldats républicains, sortis des cimetières et des fosses communes sans que les familles en aient été informées.

Une gigantesque basilique surmontée d’une croix de 150 mètres de haut abrite la tombe du dictateur. Chaque année 250 000 personnes s'y rendent, car elle n’est située qu’à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Madrid et tout près de l’Escurial où sont enterrés les rois d’Espagne.

Parmi ces visiteurs, des milliers d’Espagnols qui entonnent l’hymne des phalangistes bras levé pour le salut franquiste.

Depuis son élection début juin 2018, le nouveau Premier ministre, Pedro Sanchez veut mettre fin à ce pèlerinage des nostalgiques du franquisme pour en faire un lieu dédié à la mémoire de la guerre civile. « Aucun dictateur, dit-il, n’a son mausolée dans un état démocratique », mais il est confronté à des actions en justice des héritiers du dictateur et à la résistance des moines bénédictins qui entretiennent le mausolée. La Cour suprême vient ainsi de suspendre provisoirement son projet de déplacer la sépulture dans un lieu privé au nom des intérêts de la famille de Franco.

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