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Russie

Russie: le journaliste Ivan Golounov assigné à résidence

Le journaliste d'investigation russe Ivan Golounov devant un tribunal le 8 juin 2019 à Moscou.
Le journaliste d'investigation russe Ivan Golounov devant un tribunal le 8 juin 2019 à Moscou. Vasily MAXIMOV / AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le 8 juin au soir, un tribunal a rejeté la demande d'incarcération et ordonné le placement d'Ivan Golounov en résidence surveillée. Ce journaliste russe de 36 ans avait été arrêté le 6 juin pour « trafic de drogue ».

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Avec notre correspondant à Moscou, Léo Vidal-Giraud

Ivan Golounov échappe pour l’instant à la prison. Le 8 juin, vers 22h30, à l’issue d’une journée particulièrement tendue et éprouvante, le tribunal de Moscou a prononcé le placement en résidence surveillée du journaliste. Une victoire pour ses confrères qui se sont massivement mobilisés pour soutenir leur collègue.

« C’est un aveu de culpabilité de la part du pouvoir, déclare Viktor Chenderovitch écrivain et journaliste, présent dès le soir du 7 juin aux premiers piquets de soutien. Il a marché sur les pieds de trop de gens. Les criminels sur lesquels il écrivait, les fonctionnaires qui ont donné l’ordre de l’arrêter : c’est une seule et même organisation criminelle qui s’est emparée depuis longtemps du pouvoir en Russie ».

Justice parmi les plus sévères du monde

Rien n’indique pour autant que l’ordre d’arrêter Ivan Golounov soit venu du Kremlin. Au contraire, il existe des porosités à tous les niveaux entre l’administration, les milieux d’affaires et le clan des « siloviki », les « hommes des forces » : armée, police, les services de sécurité.

Ce ne serait pas la première fois qu’un entrepreneur ou un fonctionnaire corrompu fait appel à ses réseaux personnels au sein de la police pour se débarrasser d’un gêneur. Ivan Golounov travaillait sur un article qui devait dévoiler une affaire de corruption au sein du service des pompes funèbres de la ville de Moscou. D’après ses collègues, il se sentait suivi depuis plusieurs semaines et avait reçu des menaces.

Son placement en liberté surveillée est un signal encourageant pour ses défenseurs, mais la véritable bataille judiciaire commencera à l’ouverture de son procès le 7 août. La justice russe est l’une des plus sévères du monde, avec un taux de condamnation supérieur à 99%. Pour « trafic de drogue de grande ampleur », Ivan Golounov risque jusqu’à 20 ans de prison.

►À relire : Russie: le journaliste d'investigation Ivan Golounov inculpé pour trafic de drogue

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