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UE: échec des négociations à Bruxelles sur la succession de Juncker

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (g.) et le président du Conseil Donald Tusk (dr.) à la fin de la première journée du sommet européen de Bruxelles, le 21 juin 2019.
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (g.) et le président du Conseil Donald Tusk (dr.) à la fin de la première journée du sommet européen de Bruxelles, le 21 juin 2019. Aris Oikonomou / AFP

Les délicates négociations engagées au sommet européen pour trouver une personnalité acceptable pour la présidence de la Commission ont échoué jeudi et un sommet de crise a été convoqué pour le 30 juin. Les discussions ont également porté sur le climat, là aussi sans résultat concret.

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« Il n'y a eu de majorité sur aucun candidat. Nous nous retrouverons le 30 juin. Je vais poursuivre les consultations », a annoncé dans la nuit le président du Conseil, Donald Tusk, à l'issue de la première journée du sommet.

Le sommet s'est ouvert avec un camouflet infligé à Angela Merkel : l'annonce par les chefs des groupes socialiste et centriste Renew Europe au Parlement européen qu'ils ne soutiendraient pas la candidature de l’Allemand Manfred Weber en cas de vote, signifiant la fin de ses espoirs de réunir une majorité pour pouvoir présider la Commission européenne.

Le président français aussi s’oppose à la nomination du prétendant défendu par la chancelière et candidat désigné par le Parti populaire européen (droite). Il s'est dit satisfait de ce lâchage et du résultat du sommet. « Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec, a-t-il déclaré. Les noms des trois spitzenkandidaten ont été écartés. Ils ont été testés par Donald Tusk, qui a considéré qu'il n'y avait pas de majorité sur ces trois noms ».

Les deux autres prétendants sont le Néerlandais Frans Timmermans pour les Socialistes et la Danoise Margrethe Vestager pour les Libéraux-centristes de Renew Europe. L'élu, qui succèdera le 1er novembre à Jean-Claude Juncker, devra obtenir le soutien de 21 des 28 dirigeants européens et rallier une majorité d'au moins 376 voix au Parlement.

Neutralité carbone

Plusieurs autres sujets difficiles ont été inscrits à l'ordre du jour de ce sommet. La tentative d'inscrire la date de 2050 comme celle d'une Union neutre en émissions de carbone, a échoué après 5 heures de difficiles négociations, bloquée par une poignée d'États d'Europe de l'Est. Grands consommateurs d'énergie fossile, ils ont refusé de s'engager sans garanties concrètes de pouvoir financer leur transition énergétique.

La Pologne, la République tchèque, la Hongrie et l’Estonie veulent avoir des détails sur l’aide que l’UE leur apportera pour qu’ils puissent rattraper leur retard en matière de transition énergétique, c’est-à-dire quelle part du budget pluriannuel y sera consacrée. Un budget que la France voudrait plus vert pour faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique, rappelle l’Elysée.

Mais sur ce budget non plus les discussions ne sont pas terminées, rappelle notre envoyée spéciale à Bruxelles, Juliette Gheerbrant. La date de 2050 est reléguée en note de bas de page dans les conclusions du sommet, qui reconnaissent que l’objectif doit prendre en compte les spécificités nationales, préserver la compétitivité et être juste et équilibré d’un point de vue social. La transition énergétique européenne se fera à plusieurs vitesses : la Suède et la Finlande ont, elles, décidé d'atteindre la neutralité carbone en 2045.

Les dirigeants poursuivent leur sommet ce vendredi avec une discussion sur le budget de la zone euro.

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