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Italie

Italie: la Ligue de Salvini soupçonnée d'avoir sollicité un financement russe

Le chef de la Ligue et ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (ici le 11 juillet 2019) a démenti tout financement de la part de la Russie.
Le chef de la Ligue et ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini (ici le 11 juillet 2019) a démenti tout financement de la part de la Russie. REUTERS/Remo Casilli
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le parquet italien a annoncé ce jeudi 11 juillet avoir ouvert une enquête suite à des révélations de la presse selon lesquelles le parti de gouvernement la Ligue aurait sollicité un financement occulte à la Russie.

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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Le parquet de Milan a annoncé l'ouverture d'une enquête pour corruption internationale contre Gianluca Savoini, ancien porte-parole de Matteo Salvini, chef de la Ligue et homme fort du gouvernement italien. Il aurait sollicité un financement occulte d’environ 60 millions d'euros auprès d'interlocuteurs russes, en marge d'un présumé contrat pétrolier avec la société italienne d’hydrocarbures ENI.

L’affaire qui avait été longuement évoquée par l’hebdomadaire L’Espresso en février 2019 a refait surface après la diffusion par les grands médias d'extraits d’un enregistrement audio du site d’information américain BuzzFeed (article en anglais).

Selon BuzzFeed, cet enregistrement remonte au 18 octobre 2018. On y entend Gianluca Savoini discuter avec deux autres Italiens et trois émissaires russes dans un salon du Metropol Hotel de Moscou. Il ne tarit pas d’éloges sur les qualités de Matteo Salvini, « le Trump européen » qui veut changer l'Europe pour la rapprocher de la Russie.

La discussion se concentre ensuite sur un projet de livraison d’hydrocarbure au géant italien ENI qui permettrait de dégager, en douce, plus de 60 millions d’euros pour financer la Ligue de Salvini, en vue des élections européennes. Suite à la diffusion de l’enregistrement audio, le groupe ENI a fermement démenti le présumé contrat et Matteo Salvini assure qu’il n’a « pas reçu un seul rouble de la Russie ».


Des partis d'extrême droite européens liés à la Russie

Que ce soit la ligue italienne, le FPÖ en Autriche, l’AFD en Allemagne ou le Rassemblement national en France, ces quatre partis qui siègent ensemble au Parlement européen dans le groupe Identité et Démocratie ont tous des liens avec la Russie.

Tous réclament la levée des sanctions économiques imposées à Moscou par l'Union européenne après l'annexion de la Crimée en 2014. Ça, c’est pour la ligne politique. Mais il y a aussi peut-être des liens financiers. À prouver, pour les Italiens de la Ligue ; enquête en cours également en Autriche sur l’Ibiza Gate, du nom de ce scandale qui a éclaté en mai dernier. Filmé dans une villa d'Ibiza, l’ex-dirigeant du parti d’extrême-droite Heinz-Christian Strache proposait à une femme se présentant comme la nièce d'un oligarque russe des marchés publics en échange d'un soutien politique et financier. Il a été contraint à la démission.

De son côté, le Front national avait en 2014 emprunté auprès d'une banque russe pour financer sa campagne européenne (c’est interdit depuis 2017). Enfin, des liens entre certains élus de l’AFD et le Kremlin font aussi débat en Allemagne.

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