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Royaume-Uni

Brexit: Boris Johnson fait de la préparation du «no deal» la «priorité absolue»

Boris Johnson s'exprime devant la Chambre des communes, à Londres, le 25 juillet 2019.
Boris Johnson s'exprime devant la Chambre des communes, à Londres, le 25 juillet 2019. Reuters Tv via REUTERS
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le nouveau Premier ministre britannique juge l’accord actuel sur le Brexit « inacceptable » et appelle l’Union européenne à rouvrir les négociations, tout en se préparant à l’éventualité d’une sortie sans accord.

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Boris Johnson préférerait que le Royaume-Uni quitte les 28 avec un accord en bonne et due forme, mais se prépare activement au contraire.

Dans son discours inaugural devant la Chambre des communes, il a annoncé avoir demandé à son conseiller Michael Gove de faire des préparatifs pour un « no deal » sa « priorité absolue ». « Le ministre des Finances a confirmé que tous les fonds nécessaires seront mis à disposition » pour gérer une sortie sans accord, a ajouté le dirigeant conservateur.

Le nouveau Premier ministre – qui a réaffirmé que le Brexit serait effectif au 31 octobre sans faute – se dit intraitable sur la question du « backstop », le filet de sécurité à la frontière irlandaise et enjoint Bruxelles à « revoir » son opposition à une réouverture des négociations sur l’accord de sortie. Il n’a toutefois pas donné de solution de remplacement en cas de suppression du fameux filet.

Selon lui, les Européens ont toutefois « toutes les raisons de souhaiter un compromis » a-t-il expliqué, là encore sans détailler quels seraient les avantages des 27 en cas de renégociation.

Majorité fragile au Parlement

Pour Pauline Schnapper, professeure de civilisation britannique contemporaine à l'université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, il n’est pas « pas du tout certain que Boris Johnson arrive à ses fins ». D’ailleurs, pour l'instant, l’Union européenne a exclu toute modification de l'accord de retrait et se contente d’indiquer que seule la Déclaration politique accompagnant le texte pourrait être amendée.

La tête de file des Tories va aussi « se heurter aux mêmes difficultés qu’avait rencontrées Theresa May avant lui, c’est-à-dire le fait qu’il n’a pas de majorité au Parlement pour aucune forme de sortie de l’Union européenne et notamment pas pour une sortie sans accord, le 31 octobre. Il a donc un discours assez peu réaliste là-dessus », explique Pauline Schnapper.

La situation qui semble confortable, au vu du plébiscite obtenu auprès de militants conservateurs, pourrait vite devenir fragile, notamment car le nouveau Premier ministre n’a pas la même popularité à Westminster : « Comme le Parti conservateur ne dispose que d’une petite poignée de voix d’avance au Parlement, et encore avec les unionistes irlandais », poursuit Pauline Schnapper, « il suffirait de quelques défections de députés conservateurs pour faire tomber son gouvernement ».

► Voir aussi notre infographie : Brexit une histoire sans fin ?

Barnier dénonce des demandes « inacceptables »

L’Union européenne n’a pas tardé à réagir aux propos du nouveau Premier ministre britannique. Le négociateur Michel Barnier a ainsi qualifié « d’inacceptables », les demandes de modifications de l'accord de divorce formulées par Boris Johnson.

« Comme le suggère son discours plutôt combatif, nous devons nous préparer à une situation où il donne la priorité à la planification du "no deal", en partie pour faire pression sur l'unité de l'UE27 », a ajouté Michel Barnier.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker devait s'entretenir par téléphone avec Boris Johnson plus tard dans l’après-midi.

(Avec agences)

► Lire aussi : Boris Johnson compose un cabinet d'eurosceptiques pour faire aboutir le Brexit

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